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Activités

Dans le cadre des activités de la promotion de la langue Kabyle sur les outils numériques, une journée de formation animée par Muḥend Belqasem a été organisée en date du 07/07/2017 par l’association Tiɛwinin de Bouzguène.

Le formateur a attiré l’attention des présents sur l’importance d’investir les nouvelles technologies en Kabylisant les interfaces des outils et en produisant un contenu texte, audio et vidéo en langue Kabyle.

La langue kabyle aujourd’hui, grâce à plusieurs contributeurs Kabylophones, dispose d’une locale CLDR très riche et presque complète. CLDR est un projet du consortium Unicode visant à produire un entrepôt de données unique à partager entre tous les éditeurs de logiciel. D’ailleurs, les géants du monde d’édition du logiciel, systèmes et applications siègent au sein du conseil d’administration du Consortium Unicode.

L’animateur de la formation a souligné l’importance d’investir les outils de traduction en ligne ou locaux. Certains d’entre eux d’ailleurs ont été localisés en Kabyle à l’image de Pootle et PoEdit. D’autres systèmes de gestion de traduction sont en cours de traduction en Kabyle dont Weblate, Transifex et Launchpad.

Le formateur a aussi axé son message sur l’importance des localisations au sein de Mozilla. Pour rappel, le navigateur phare du monde Web, Firefox en l’occurrence, a été localisé en Kabyle depuis plusieurs mois. Plusieurs autres contenus de la fondation américaine Mozilla ont été aussi localisés en langue Kabyle.
Parmi les objectifs futurs, la création d’une équipe permanente qui garantira la pérennité des localisations kabyles au sein de Mozilla. Un projet de création d’une équipe féminine destinée à des travaux de vulgarisation des technologies du Web parmi les femmes villageoise a aussi été discuté et proposé.
Plusieurs solutions officiellement traduites ou en cours de traductions en Kabyle ont été exposées. Le formateur a aussi signalé l’importance d’aller vers des domaines plus pointus tels que les correcteurs orthographiques, les conjugueurs, les outils de reconnaissance vocale ou de la parole…etc. Certains projets sont d’ailleurs lancés dans ces domaines mais requièrent une attention particulière de la part des académiciens spécialistes.

A la fin de la formation, des diplômes ont été remis aux participants, et le formateur a promis d’autres séances et événements plus détaillés ciblant un public plus spécialisé afin de rallier un maximum de contributeurs et d’utilisateurs des solutions Kabylisées.

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« La libre communication des pensées et des opinions est un droit les plus précieux de l’homme. »
L’association culturelle Tiɛwinin active dans la légalité. En ce mois de Mars, nous avons invité deux grandes figures de la littérature Algérienne Kamel Daoud et Karim Akouche. Il fallait demander des autorisations pour la tenue de ces conférences.

Nous avons déposé une demande d’autorisation pour le centre culturel Ferrat Ramdane de Bouzeguene, la daira nous refuse le centre culturel prétextant que le centre sera en travaux. C’est de la poudre aux yeux, le centre culturel de Bouzeguene est dans un état lamentable, ressemble à une étable. Nous avons fait une autre autorisation pour la maison de jeunes « Chellah Mohand » de Bouzeguene, la daira nous donne un refus catégorique malgré nos appels incessants.

Tous le monde est complice. Ils ne veulent pas de ces conférences qui dérangent mais qui éveillent les consciences. La daira de Bouzeguene nous signifie clairement de « délocaliser » ces conférences vers le Village Wizgan, nous demandons aussi une autorisation auprès du comité de village de Wizgan. Après réunion avec eux, la sentence est tombée : ils refusent que les conférences soient organisées au niveau du centre culturel colonel Mohand Oulhadj de Wizgan.

La daira de Bouzeguene a tout empêché avec ses tentacules et ramifications. Notre région souffre de mal gestion, d’infrastructures inexistantes, chômage galopants, habitats précaires. Bref, tous les ingrédients d’une crise y sont omniprésents. Le silence d’un peuple est plus effrayant que sa colère.

Mokrane Taguemout invité du café littéraire de Bouzeguene

Mokrane Taguemout est venu à Bouzeguene pour animer une conférence ce samedi 25 février 2017 sur la méthode d’adaptation de l‘atelier théâtrale de Mohia.

Mohand U Yahia est un immense homme de théâtre, traducteur, écrivain, poète, philosophe… un homme qui a consacré toute sa vie au service de sa culture et de son peuple. Parti en France, en 1972, pour d’abord continuer ses études mais aussi par un exil forcé car beaucoup de facteurs néfastes viennent troubler sa vie, entre autres les affres de l’arabisation abrupte et forcée, l’islamisme et les valeurs démocratiques qui sont bafouées par le parti unique (FLN). La vie n’est pas rose en France , vivait parfois dans des conditions sommaires. Muhend U Yahia a exercé tous les boulots ( épicier, restaurateur, veilleur de nuits, manufacturier ….

Une passion l’habite ; traduire ou adapter en Kabyle, tous les grands philosophes et les œuvres lyriques et monumentales afin que notre culture et notre langue frottent avec les autres cultures du monde. Muhend U Yahia est un monument de la culture Amazigh, son riche et incommensurable œuvre théâtrale s’inscrit dans l’immensité et la continuité de notre culture millénaire.

Cette peine le transformera profondément et marquera son œuvre d’une empreinte durable. Tout comme ses personnages désinvoltes, parfois aguerris atterrissent dans un univers hostile sans alternative, un univers mystérieux et sulfureux, succinct et vivent des situations éphémères mais qui appellent d’en sortir. Muhend U yahia disait que je ne suis venu pour faire la révolution. Mais son théâtre a révolutionné les mentalités Kabyles, exorciser tout l’espoir d’un peuple, sorte d’exutoire.

Il a combattu avec des mots toutes les dérives totalitaires, l’intégrisme islamiste et les extrémistes linguistiques et la manipulation de ces faux culturalistes activistes et antagonistes de l’identité Amazigh. Dans son théâtre, Nadi El Moudjahed, le trésor du FLN, les Kabichous, les frères musulmans, les Bro-Bros reviennent tel un leitmotiv, deviennent une plaie béante, pour prédire le mal, le retard intellectuel, social et culturel, il disait : « on peut s’abrutir de deux manières soit par l’arabo-islamisme ou par l’alcool ».
Derrière le masque du rire, de la dérision, du burlesque, Muhend U Yahia est un pourfendeur des lois scélérates, des religions aux visages barbares et monstrueux car notre identité est frappée d’anathèmes. Muhend U Yahia est parfois agnostique, un athée démesuré, un areligieux récurrent et un iconoclaste qui à force de l’écouter, de revisiter ses dires, ses poèmes avec une nuance condescendance.

Il reste et demeure l’une des figures emblématiques de la dramaturgie Kabyle. Esthète, homme de convictions et de principes jusqu’au dernier souffle, son nom est inscrit en lettre d’or dans le panthéon de la culture Amazigh et nous a légué et laissé une œuvre riche, inestimable, ses idées, son théâtre sera un jour enseigné dans les écoles Algériennes.

Amroun Omar

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Mourad Ouchichi invité du café littéraire de Bouzeguene

Lors de la conférence animée au centre culturel de Bouzeguene, Mourad Ouchichi, économiste chevronné, spécialiste de l’économie Algérienne, a décortiqué le système économique et social et la genèse de sa faillite. Depuis 1970, le régime politique et économique est le même, il n’y avait pas de changement. Et de 1962 à nos jours, tous les gouvernements successifs ont commencé à faire des réformes qui n’aboutissent à rien et le pays est toujours dépendant du pétrole et dès que les prix diminuent, la crise est enclenché disait Mourad Ouchichi. Et une question lancinante que M Ouchichi pose : pourquoi de réformes en réformes, l’Algérie dépend toujours des hydrocarbures ? Pour remonter l’histoire économique de l’indépendance à aujourd’hui, il y’a une constante ; c’est la nature d’articulation entre l’économique et le politique. En en un mot c’est la mainmise du politique sur l’économie Algérienne. L’économie Algérienne n’est pas devenue productive et le régime Algérien préfère cette situation pour des raisons de survie, pour aussi des raisons de dominations de la société. Garder le pays dépendant des recettes pétrolières qu’ils contrôlent par ailleurs car s’il perd le pouvoir économique, automatiquement il perdrait le pouvoir politique. La genèse de ce marasme vient surtout au lendemain de l’indépendance de l’Algérie lorsque le groupe de Oudjda avait confisqué le pays et avait opté pour une économie centralement planifiée ou administrée mais pas « socialiste ». en 1967, Boumediene adopte l’industrie industrialisante et pour que ce pays arrive à rattraper son retard de développement, industrialisé le plus rapidement possible ; investir dans les industries lourdes et à termes l’Algérie arrive à une industrie généralisé or durant cette période, on assiste à une centralisation totale et étatisation de l’économie et les pronostics de l’époque dressent un bilan optimiste mais de façade en disant que l’Algérie rejoindrait au début des années 1980 ou deviendrait parmi les pays émergents mais seulement théoriquement. En 1980, Chadli arrive au pouvoir et change de stratégie, ayant bénéficié d’une aubaine et manne financière importante : augmentation des prix du pétrole. En Algérie, ce ne sont pas les rationalités économiques qui commandent les décisions économiques mais plutôt la rationalité politique qui est derrière, une arrière-pensée politique et un objectif politique qui sont tous mis en exergue dans le long parcours chaotique de l’Algérie contemporaine. Le politique prime sur l’économique, Chadli et son équipe font des réformes : restructuration financière et organiques des entreprises publiques.

L’argument officiel avancé : si la stratégie de développement appliqué entre 1967 et 1978 n’a pas réussi car les sociétés nationales de l’époque étaient trop grandes pour les gérer. Le gouvernement procède alors purement et simplement à la liquidation de ces dernières. Pour lui, «  plus une entreprise est grande, plus elle est rentable ». Mais la solution finalement est de les morceler pour les mieux gérer. Toutes ses restructurations n’obéissent à aucune logique sauf à une logique politique « le changement dans la continuité » avec un parti unique, système de planification centralisé, encouragement de la consommation à travers les plans anti-pénuries, encouragement de la construction de logements. Le bilan a été désastreux, l’Algérie continue à être dépendante des hydrocarbures, les déficits sont aussi maintenus.

En 1986, les prix du pétrole ont chuté gravement et durablement, le gouvernement de l’époque pensait que la chute des prix du pétrole est conjoncturelle. Le seul recours est l’endettement à court terme facilement contractable avec des taux d’intérêts élevés. Ils pensaient que les prix du pétrole allaient augmenter et toutes les contradictions s’accumulaient. Puis vint octobre 1988, le pouvoir Algérien prend conscience de l’ampleur de la crise et de l’économie planifié : passage au multipartisme et à l’économie de marché et demonopolise le commerce extérieur. En 1993, l’Algérie se retrouve en faillite et en cessation de paiement et dans l’incapacité de rembourser sa dette extérieure. Le FMI entre en scène avec un programme : ajustement structurel que certains le qualifie « d’appauvrissement structurel » et des mesures drastiques : dévaluation de la monnaie algérienne, assainissement financier, privatisation des entreprises publiques, réduire les fonctions publiques…

L’Algérie accepte le rééchelonnement et signe avec les « dix doigts » le plan d’ajustement structurel, les responsables du FMI disaient que l’Algérie est un bon élève qui apprend bien ses leçons et obéit comme un petit écolier. Le terrorisme a fait des ravages, la guerre civile s’installe dans le pays : plus de 300 000 morts, plus de 50 000 disparus, 2 000 000 de réfugiés. Mais pour M. Ouchichi « le FMI n’a rien imposé, la responsabilité revient aux gouvernements locaux ». Et pour lui, le plan d’ajustement structurel est une réussite sauf sur le plan social car la paupérisation a touché la majorité des Algériens et a conduit à sauver la « viabilité économique du régime ». Selon lui, il y’a un régime politique qui a confisqué un Etat et l’Etat Algérien n’existe pas.

En 1998, les prix du pétrole augmentent d’une manière vertigineuse, le pouvoir algérien se retrouve dans une position confortable. Un parallèle existe et concomitances réelles entre les périodes de (1978 et 1998). Bouteflika arrive au pouvoir, applique les mêmes réformes que Chadli et procède au paiement anticipé de la dette extérieure sans relancer l’économie Algérienne dans la dérive. Et comme ses prédécesseurs, le gouvernement de Bouteflika adopte des mesures : encouragement de la consommation, investissement de l’infrastructure (autoroutes, stades, logements…), il renchérit «  dés que l’Algérie est dans une embellie financière, on assiste à un grand show politique, donc élargissement des cercles de la rente ». L’économie Algérienne n’était pas productive, elle est restée rentière, c’est l’austérité, et c’est aussi la faillite comme en 1987. Sous l’ère de Bouteflika, le clientélisme et la corruption à grande échelle se sont institutionnalisés. Si la situation demeure en l’état, l’Algérie arrivera à l’endettement extérieur et un autre plan d’ajustement structurel plus violent, plus féroce se profile à l’horizon. Décidément, l’Algérie n’apprend pas ses leçons et l’histoire se répète. Et de rajouter » ce pouvoir préfère avoir une économie artificielle avec des investisseurs débiles pour s’accrocher au pouvoir et se maintenir… ». tant qu’il n’ya pas de changement de régime politique dans ce pays, il ne peut y avoir de développement de l’économie car sa volonté, sa soif et son obsession de tout contrôler toute la société en distribuant les ressources pétrolières ou économiques à des fins de dominations en créant une base social clientéliste et discriminatoire au détriment du suffrage universel. Leçon d’économie d’un professeur émérite qui mérite attention.

Amroun Omar

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Mohand Tilmatine invité du café littéraire de Bouzeguene

Le Tamazight continue de subir les affres de l’arabisation et à afficher une absence criante dans la politique toponymique de l’Algérie. Dans de nombreux pays, la toponymie fait l’objet de recherches linguistiques et sociologiques poussées. La toponymie étant, au-delà de l’aspect préservation du patrimoine, aussi une question de souveraineté. Elle est la marque indélébile de l’histoire d’un pays et de sa personnalité.
Science du langage par excellence, la toponymie a pour but de fournir des points de repère pour localiser des lieux et les mémoriser. La mémoire ancestrale n’ayant pas trop intéressée le pouvoir en place, la pagaille, la cohue et une véritable anarchie règnent dans les administrations Algériennes en niant les faits, les lieux, l’histoire et la culture millénaire au profit d’un dogme : l’arabo-islamisme. Mohand Tilmatine, docteur en linguistique, langues et littératures romaines, venu à Bouzeguene pour animer une conférence, maitrise bien son sujet, lui qui consacre tous son temps à défendre la toponymie et enfin à retrouver les vrais noms appartenant à nos villages, nos cités et lieux mythiques de l’Afrique du nord.

La toponymie Véhicule une mémoire vive et profondément ancrée dans l’histoire, la toponymie fait indéniablement partie intégrante du patrimoine culturel, historique et identitaire d’une langue, d’une culture. Dans la convention de l’Unesco en 2003, l’Unesco cite la langue mais pas la toponymie. Pourtant les toponymies sont liées à l’action de l’homme et reflètent l’identité de leurs utilisateurs. L’utilisation de l’onomastique afin d’arabiser surtout la Kabylie. Le décret N°81-27 du 07/03/1981 portant établissement d’un lexique national des noms des villes, villages et autres lieux qui fait figure de politique toponymique. Tout doit être transcrit sur la base de la phonétique arabe. L’arabisation abrupte et féroce a fait des ravages en défigurant les noms des villes et villages Algériens. Exemple plus vivant, Imechdallen devenu mechd allah en arabe ou Axxam n Teslit ( la maison de la mariée) devenu Kef Larous. Et les exemples sont très nombreux. Ainsi, et pour légitimer une
politique d’arabisation, in, littéralement « celui /l’endroit » devenu ain (source ) en arabe ou Ath (les ) devenu Beni. C’est très fragile car c’est un caractère immatériel.

Et chaque envahisseur laisse ses traces et empreintes parfois indélébiles en changeant les noms des villes et autres lieux. Les français ont beaucoup « francisé ». A l’indépendance de l’Algérie, le pouvoir Algérien a continué sa politique d’arabisation afin de récupérer la langue arabe ( donc pour eux l’arabisation est une cause nationale) et Tamazight est un facteur de division ethnique et territorial du pays selon la rhétorique absurde des gouvernements Algériens.

Les conséquences et les répercussions au niveau international sont désastreuses. Dans les Groupes répartis et divisés par l’ONU, il ya 4 groupes ( l’Afrique du sud- l’Afrique de l’ouest- l’Afrique de l’est. Subitement et étrangement, l’Algérie fait partie du groupe arabe avec les pays du moyen orient. Étonnement, « l’Afrique a perdu son nord » ironise Mohand Tilmane.

Les Etats (surtout en Afrique du nord) transmettent aux institutions internationales les noms et les transcriptions toponymes Amazigh en se basant sur les règles de transcription de l’arabe dit le système de Beyrouth. Mohand Tilmatine voulait créer un groupe afin de défendre la toponymie ancienne mais il se heurte vite au niet catégorique de l’ONU. Le vice-président du groupe pays arabe dont l’Algérie fait partie est un Algérien, militaire, têtu et anti-Amazigh. Pour Mohand Tilmatine ardent défenseur du patrimoine Amazigh « la toponymie est un élément du patrimoine culturel immatériel à protéger ». Il faut aussi restaurer les toponymes antérieurs, régler la question de la transcription : graphie latine car la langue Tamazight s’écrit en caractère latin. Ils ont voulu tout arabiser, finalement ils n’ont arabisé que les murs.

Amroun Omar

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Mohand Belkacem invité du café littéraire de Bouzeguene

S’il y a l’ordre national du mérite ou un prix œcuménique à décerner pour mérites distinguées rendu à son pays, son humanisme et son rattachement à sa langue et à sa culture, ce prix ne serait guère décerné à un religieux, ni à un homme de lettres ou à un politicien mais bien à Mohand Belkacem, ingénieur systèmes informatique ESI et consultant technico-fonctionnel, il serait l’heureux récipiendaire.

Lors de sa conférence pédagogique, très académique, bénéfique pour la langue et la culture Kabyle, donnée lors du café littéraire de Bouzeguene. Dans son long exposé, il a démontré que d’abord la langue Kabyle est une langue de technologie, vivante et rivalise avec les autres langues (anglais, français, mandarin…). Malgré que notre langue souffre du mépris du pouvoir Algérien, ses moyens limités et son ostracisme, le Kabyle est une langue de technologie et d’avenir.
Son énormissime et titanesque travail qui consiste à mettre et à traduire tous les logiciels et les moteurs de recherche ainsi s’occuper quotidiennement de leur mise à jour. Firefox est un navigateur Web de Mozilla. Ce dernier a accepté de le traduire en Kabyle. Il a choisi et ciblé Mozilla car il est le leader mondial de standardisation des technologies du Web. « On ne cible pas aléatoirement, nous pourrons aller vers d’autres technologies et conquérir d’autres systèmes d’exploitations également » lâche t-il. La tâche est immense. Ce qui a valu du respect du monde entier pour la langue Kabyle.

Mohand Belkacem travaille sans relâche pour que le Kabyle soit omniprésent et intégrera à fond les nouvelles technologies « il s’agit de contenu Web purement technique et ne parle que les langues technique et le tout est en Kabyle » disait-il. C’est-à-dire qu’on peut enseigner à l’université le développement Web en Kabyle car la langue est mûre. Pour lui, le choix de la transcription ne pose même pas : c’est inéluctablement le caractère latin qui sera utilisé et c’est un choix judicieux, « le temps est précieux, nos ainés (de Boulifa à Mammeri) ont toujours écrit en caractère latin, qui est un gage d’avenir pour l’évolution et pour aussi concurrencer d’autres langues.

Selon Mohand Belkacem dans le rapport de la santé de la langue (Health report), il y’a 70 langues utilisées dans Mozilla, dans la dernière mesure, Taqbaylit est arrivé à 97,98%. La langue Kabyle frotte et rivalise avec le français, l’italien, l’espagnol ( les langues latines) et nous dépassons largement le catalan, le basque et l’écossais. L’arabe fait défaut et absente de ces outils.

La mondialisation oblige une bonne relation avec la langue anglaise, et sert souvent à faciliter une interaction entre interlocuteurs d’autres langues. Pour lui, le combat des langues dans les nouvelles technologies est un acte salvateur et surtout sa croissance dans le domaine technique et du savoir rend la langue plus pertinente, vivante « Le kabyle a sa place dans le combat des langues : l’émergence de la langue Kabyle dans l’utilisation de Firefox (Mozilla et MDN…) en est un bon exemple. Mais hélas, par manque de financement et de prise en charge sérieuse et effective du pouvoir Algérien, autrement la langue Kabyle pourrait aisément et capable d’intégrer les outils techniques, introduire et travailler en Kabyle dans tous les secteurs(mairies, écoles, entreprises…).
« Nous avons privilégié les emprunts anglicismes car tout se fait en anglais et une langue qui n’emprunte pas de lexique technique est considéré comme morte » résume t-il. Il a évoqué les contraintes qu’il rencontre, d’autres défis à relever, d’abord les emprunts, les néologismes puis rassembler tous les ouvrages (numérique et papiers), il a aussi parlé d’autres contraintes à savoir profusion de dictionnaire multiples de faibles couvertures lexicales, problème de collaboration entre chercheurs et linguistes « Je passe plus de temps à chercher l’origine des mots et des termes que sur le plan technique » se désole t-il.
Pari réussi pour un informaticien altruiste, ambitieux et passionné : cibler les futures générations car ils vont principalement se connecter à Firefox Kabyle, le Kabylisme gagnera et ancrera davantage la société Kabyle et ainsi freiner l’assimilation. Nous saluons le génie d’un homme qui a servi et rendu service à sa langue et à sa culture.

Amroun Omar

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Rénia Aouadene invité du café littéraire de Bouzeguene

Rénia Aouadene est venue au café littéraire de Bouzeguene pour une rencontre-débat autour de son roman « un maure dans la Sierra ».

Un sujet jamais abordé par les écrivains ou historiens Algériens sur les Kabyles et Algériens qui se sont engagés volontairement dans le camp des républicains et des communistes pour combattre le fascisme de Franco. Rénia Aoudene est enseignante en lettre –histoire, elle est maintenant professeur d’espagnol. Née à Marseille d’un père messaliste assassiné à l’âge de 28 ans dans une guerre fratricide, alors chef du MNA à Marseille. Portée par l’absence de son père et la souffrance de sa mère : ses chants et les berceuses de la mère, elle porte en elle un lourd fardeau.

Elle a mit beaucoup de temps à faire parler de sa famille, fouiner et à chercher ce « mal qui ronge sa famille ». Elle écrivait sa souffrance et la souffrance de sa mère à travers un recueil de poésie (les destinées). Puis elle décide de partir en Espagne : Aller chercher ses racines berbères ( 8 siècles d’histoires). Par hasard, on lui rapporte une information précieuse sur les kabyles engagés dans les brigades internationales, le nom de Rabah Oussidhoum est devenu allégrement son héros et le fait sortir de l’anonymat. Les écrivains ne consistent pas à raconter juste des histoires mais plutôt à raconter l’histoire.

La lutte est dans leurs gênes

Rabah Oussidhoum, originaire du village de Derna dans la région d’Ibroudranene, naquit en 1903, communiste, anticolonialiste et profondément attaché à ses racines berbères. Au début des années 1920, la faim, la répression, les épidémies envahissent la Kabylie.

Rabah Oussidhoum décide de s’engager dans l’armée française. Et dans la famille de Rabah, la lutte semble faire partie des gênes, son grand-père avait participé à l’insurrection de 1871. « Mais chez les kabyles, il n’y a pas d’oubli.

Les hommes et les femmes sont capables de raconter les histoires de ce peuple, transmis de bouche à bouche» Rabah est un de ces hommes là, décidé à ne jamais oublier et se battre contre l’injustice. Il était porté par un élan de ferveur et de solidarité, il s’engage dans les brigades internationales en 1936 avec les communistes pour combattre les fascistes de franco.

En 1937, le morale des brigades internationales est à son comble, la population espagnole fuit dans un exode pathétique, 10 000 morts 8 000 disparus et 8 000 blessés parmi les brigades internationales. Ils s’affrontent avec les berbères du rif engagés du coté de l’armée franciste. Rabah Oussidhoum trouve la mort en 1937 comme une légende.

Vers la fin de 1938, c’est la fin de la guerre d’Espagne, les survivants rejoignent leurs pays. C’est la fin d’un mythe, l’autoritarisme et la répression s’installent en Espagne. Rabah Oussidhoum est un héros, une légende inscrit dans le panthéon de l’histoire.

Amroun Omar

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Sarah Haider invité du café littéraire de Bouzeguene

Sarah Haider est une écrivaine iconoclaste, narre sans détours, sans vulgarité mais avec impertinence, sans misérabilisme et sans fantaisie la terre et le sang, deux éléments de la nature et qui nous habitent et nous hantent comme un spectre.

Elle vient de signer son dernier roman « la morsure du coquelicot » tel un souffle, une réinvention, une ode à la liberté, un attachement viscéral à sa terre mais quelle terre ! C’est un roman dans un roman, un labyrinthe, un maelstrom qui laisse le lecteur frappé par le désenchantement, l’énerve mais le vrai lecteur va vite ressentir ce jeu trouble et veut terminer ce récit et le pousse aussi à se perdre dans les méandres purement stylistiques : la polyphonie.

Ce roman s’inscrit dans un néo mythique équivoque. « La terre elle-même a besoin de cette insurrection, devient une conception érotique, il faut changer la manière d’aimer cette terre ».

Le roman véhicule entre autre cette exigence de la terre elle-même d’être aimé autrement. La profusion de termes érotiques et sensuels rend le récit plus accessible plus vivace et vivant et tente dans sa démarche de renverser l’ordre et dire les choses crûment et goulûment « j’ai tenté de buriner un songe libertaire dans l’enclos infâme des autres, j’eus l’indécence de leur inoculer la témérité d’un poème et l’intransigeance d’un monde où meurent dieux et prophètes et où nait enfin la vie ».

La terre a besoin d’être réinventé et aussi d’être aimé différemment.

Le refus est la qualité intrinsèque à la Kabylie.
Le coquelicot est une fleur très frêle, le contraste, l’agressivité et l’aspect fragile du coquelicot( la violence ou la résistance) peuvent venir des personnes de soumissions totales qu’on ne s’attendait pas. Elle disait « j’aime la Kabylie, c’est une région qui m’a charmé, subjugué, j’ai aussi une admiration de par son histoire de lutte, sa cultures et ses traditions ».

Il y’a aussi cette promptitude de refus omniprésent dans les esprits.
Deux poches de résistances, l’une se trouve en Kabylie et l’autre au Sahara, crée le GAS (groupe armé du Sahara) et tentent une insurrection armée contre l’état, ils défendent haut et fort la liberté. Dés le début les suppliciés font face à leurs bourreaux. Ils sont torturés et doivent se soumettre.

Le manichéisme belliqueux et oiseux où le bien triomphe sur le mal ne se trouve guerre dans ce roman. Et pourtant le commissaire, qui au début tortionnaire, arrogant et cynique, nous montre son coté humaniste et lui aussi c’est un insoumis. Finalement la violence est un moyen de lutte légitime disait-elle. « Les idées ne prennent vie que si elles sont partagées, défendues, peaufinées et jetées au ciel langage ».

Amroun Omar

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Ahmed Tessa invité du café littéraire de Bouzeguene

Le café littéraire de Bouzeguene a invité Ahmed Tessa, écrivain, essayiste, journaliste, chercheur et pédagogue pour une conférence autour de son livre « l’impossible éradication – l’enseignement du français en Algérie » mais il a abordé beaucoup plus le sujet de l’école, son avenir et le sabotage par les tenants de l’arabo-islamisme.

Les défauts de l’école Algérienne datent des années 70 et 80 avec la généralisation de la langue arabe et la montée en puissance de l’extrémisme islamiste, s’amplifient et se multiplient de plus en plus.

Lui qui est forgé dans le secteur de l’éducation depuis 50 ans. L’idéologie arabo-islamisme a pris en otage l’école, leur fond de commerce est l’école car s’ils tiennent l’école, ils s’accaparent de la société et peuvent tout contrôler. Cette idéologie a des ennemis: la femme, la langue française et aussi la culture Amazigh.

Pour lui, ces deux dernières années, il y’a une modernisation des perspectives de l’école Algérienne vers la modernité. Pour eux, la modernité se résume ainsi : la femme et la langue française.

Les islamistes veulent tout contrôler et annihiler d’un revers de la main et font des dégâts considérables car ils possèdent des chaines de télévisions, des journaux, des partis politiques, des syndicats et aussi les finances auxquelles les pays arabes contribuent et versent gracieusement pour abrutir et anéantir la société Algérienne.

S’ils n’ont pas réussi à imposer leur projet nihiliste c’est grâce à la mobilisation de la société Algérienne. Ahmed Tessa aborde et sait de quoi il parle quand il évoque la vraie école, l’école du progrès, de qualité, ouverte sur les langues étrangères, sur la modernisation de la langue arabe et sur la généralisation de la langue Amazigh.

Il est curieux qu’à ce jour-et ce, depuis son lancement en 1981, l’arabisation de l’enseignement n’ait jamais été évaluée. Ni sur le plan pédagogique, ni sur le plan sociologique.
Le bilinguisme a eu ses heures de gloire (1970-1985), l’école Algérienne est vite confrontée à deux vitesses et à deux antagonismes.

Ceux qui étudient l’arabe sont souvent des enfants (de parents démunis ou de parents décédés) et ceux qui sont orientés vers le bilinguisme sont souvent des enfants issus de parents « aisés et privilégiés » ( enfants de chef de Kasma, officiers de police, du parti unique, entrepreneurs…).

A l’université, c’est le français qui est choisie au détriment de la langue arabe pour transmettre les savoirs scientifiques et technologique, tremplin vers les filières les plus recherchées par les parents et les nouveaux bacheliers.

Il cite un exemple bien concret d’un jeune bachelier de Djelfa qui obtient son bac avec une moyenne de 17/20 mais en arrivant à l’université, il est vite confronté à la dure réalité : il ne pourra pas suivre surtout les filières de technologie ou scientifique car il n’a pas étudié le français.

Cachez-moi cette langue que je ne saurais entendre

Le nœud gordien de la problématique est la généralisation de la langue Amazigh, leur ennemi véritable est la langue et la culture Amazigh mais pas la langue française.

Si la société civile ne réagit pas pour soutenir le projet d’une école moderne ouverte sur toutes les cultures, sur toutes les langues étrangères, l’enseignement de l’histoire millénaire de notre pays et la généralisation de la langue Amazigh, les islamistes seront prêts à refaire le même scénario (guerre civile des années 90).

Pour lui, la langue française fait partie du patrimoine culturel Algérien : « Je ne rejetterai jamais la langue de Y. Kateb, de M. Mammeri, de M. Dib, de M Feraoun, de A Djebbar… » Et d’ajouter « j’exprime en français le génie de mon peuple ». C’est aussi avec la langue française que les premiers révolutionnaires Algériens ont combattu le colonialisme français.

Certes le français est un butin de guerre mais maintenant c’est une langue qui nous relie entres les générations ( 7 millions d’Algériens, toutes générations confondues vivants en France).

Il nous est impossible de couper les liens forts et viscéraux qui nous relient avec eux.
Le monolingue ne peut pas sauver sa propre langue car il n’a pas d’ouverture sur l’universalité, le progrès, la tolérance.

Et la langue Amazigh doit échapper à l’intégrisme linguistique et ne doit pas subir les affres de la décadence. Il suffit d’une idéologie obscurantiste pour qu’ils deviennent intégristes et intolérants. Le peuple d’Afrique du nord est polyglotte de nature, c’est l’histoire riche et millénaire et le vécu qui le prouve.

Le mal qui ronge l’école : c’est la pédagogie des langues qui est mal appliquée, c’est l’enseignant qui est mal formé, c’est aussi le contenu des manuels scolaires qui sont mal adaptés mais ce ne sont que des questions technico-pédagogiques.

Il suffit d’une volonté pour résoudre tout ses problèmes.

Amroun Omar

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Hugh Roberts invité du café littéraire de Bouzeguene

C’était la rentrée littéraire et le café littéraire de Bouzeguene a repris de belle manière ses activités littéraires en invitant le chercheur et anthropologue de grande réputation, Hugh Roberts.

Il venu animer une conférence au centre culturel de Bouzeguene le jeudi 25 Aout 2016 autour de son livre « Algérie – Kabylie, études et interventions ».

Depuis plus de 40 ans qu’il vient en Algérie et surtout en Kabylie car cette région le passionne depuis longtemps, il a apprit le français pour pouvoir s’exprimer et parler aux Algériens.

Son livre « Algérie-Kabylie, études et interventions » est un recueil d’articles publiés dans divers revues et d’entretiens aux différents journaux Algériens.

Son premier article date de 1994 et son dernier article date de 2013.

Ce sont des textes parus pendant 19 ans et qui traitent de plusieurs sujets ( système politiques en Algérie et plus particulièrement en Kabylie) , de l’histoire ( en retraçant l’histoire du mouvement national) et de la sociologie. Même pendant les années de terreurs, il venait sur place pour s’enquérir et s’emparer des nouvelles et aussi s’informer sur place car il est plus facile à l’étranger (surtout en occident) de se laisser perdre dans des hypothèses abstraites ou des lectures erronées et ainsi pour mieux « rectifier le tir et mieux analyser » disait-il avec assurance et aisance.

Il a préparé sa thèse de doctorat sur la Kabylie à partir des enquêtes menées sur place, en Kabylie d’où il était enseignant de langue anglaise à Bouira de 1973-1974.

Il a sillonné la Kabylie entière ( basse Kabylie- l’Akfadou et la haute Kabylie) et a rencontré les acteurs politiques de la région, simples citoyens, des jeunes et des moins jeunes aux idées diverses et des convergentes.

Désaccord avec Pierre Bourdieu
Pour beaucoup de Kabyles, Pierre Bourdieu est un intellectuel hors pair, un grand sociologue et aussi un ethnologue mais aussi un ami intime de Mouloud Mammeri, donc toutes ses études sont véridiques et ne peuvent être contestés.

Il a une grande influence sur les intellectuels Kabyles.

Pour lui « P Bourdieu est allé loin en sous estimant et en niant les institutions politiques dans l’organisation historique Kabyle » mais pour Roberts Hugh « une société sans institutions politiques peut-elle donner naissance à des traditions politiques ? » Évidement non disait-il. Il essaye de suivre l’évolution politique sociale et l’évolution entre le rapport Etat-Société.

Il disait aussi que la Kabylie est au cœur, au centre du pays, elle a joué un rôle important dans l’histoire du mouvement national et son immense contribution historique dans le but d’éclaircir les enjeux de l’actualité politique Algérienne et essayer de parvenir à une démarche conceptuelle lucide qui sait tenir compte des traditions du pays.

Le pays a été l’objet de beaucoup de violence dans le passé (colonialisme) et puis aussi la dictature ( usurpations de pouvoir) et font naitre des traditions de radicalisme, révolutionnaire plutôt que la tradition d’action politique réformistes qui cherchent par le biais de stratégies non violentes pour obtenir satisfaction, ainsi améliorer le rapport Etat-Société dans l’intérêt de l’Algérie.

Amroun Omar

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