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Conférence

Kamal Daoud invité du café littéraire de Bouzeguene

Kamal Daoud, l’écrivain le plus prolifique et le plus lu en Algérie, est venu à Bouzeguene le jeudi 24/08/2017 pour présenter son dernier roman «Zabor ou les psaumes» paru chez Barzakh. C’est un intellectuel hors pair, un écrivain de grande envergure, il répond toujours aux questions avec sincérité et sans ambages. Si le gouvernement Algérien avait les mêmes idées que Kamal Daoud, l’Algérie serait un grand pays dans tous les domaines. Il a abordé le rôle de l’écrivain en précisant que l’écrivain Algérien tout comme le militant vivent dans les solitudes, et les auteurs algériens se retrouvent dans les universités du monde entier pour donner des conférences et ne sont pas tolérés et bannis dans leur propre pays, pas d’espace d’ouverture. Il tient à remercier l’assistance nombreuse et aussi les membres de l’association culturelle Tiɛwinin qui font du bon travail, une bonne organisation sans rien et sans « pétrole ». Il tient à préciser qu’il est important d’être éditer et lu d’abord en Algérie que d’être lu ailleurs. Il tient à faire la promotion de son livre en Algérie d’abord malgré les contraintes mais par militantisme à la littérature mais aussi par esprit d’engagement et aussi par égoïsme.

Les psaumes ou Zabor

Zabor était un livre de recensement fabuleux et indispensable et je dois raconter l’histoire de mon naufrage. Cela sauvera quelqu’un, quelque part disait Kamal Daoud. Ce roman n’est pas une histoire complexe mais une déclaration d’amour à la littérature, « je suis quelqu’un qui est sauvé par les livres, par la lecture, on ne peut guérir le monde que par les livres, il faut laisser circuler le livre comme la circulation du sang » aimait répéter t-il.

Le principal personnage s’appelle Ismail mais s’appelle aussi Zabor, vit dans un petit hameau, tant qu’il écrit, les gens restent en vie. Les villageois tombent malades, il écrit encore, les gens se rétablissent vite. Il est convaincu qu’écrire des livres, peut sauver des vies. Il raconte aussi comment il s’est libéré du sacré, de la culture d’un seul livre, d’une idée : «  A qui tu vas raconter tes psaumes ô Daoud ? ». Il est nécessaire et important de lire, d’écrire et que la libération peut s’obtenir par les armes mais aussi par les livres. Conviction profonde que l’auteur et le personnage y croient dur comme fer. Zabor est un roman d’engagement et de conviction intime, «  je suis un lecteur frustré, c’est pour cela que je suis devenu écrivain » lâche t-il. Zabor veut que tous les livres soient sacrés, ce que pense l’auteur et le revendique haut et fort.

La question identitaire revient à chaque conférence, Kamal Daoud est clair sur ce sujet qu’il a tant abordé dans ses chroniques «  je défends les racines et les récoltes, on en a besoin » et de rajouter  « nous réclamons le droit à nos ancêtres mais nous sommes aussi responsables face à nos enfants ». Il ne veut pas être dans le culte du passé mais de nos origines et de notre avenir. Il ne veut pas aussi d’une identité exclusive qui exclut l’autre mais d’une identité qui revient à l’universalité, il disait aussi «  je suis pour une identité du partage et de la générosité, je ne vis pas une crise d’identité et je n’ai pas de problème d’identité, je me sens bien dans ma peau ». Il a aussi abordé la religion : c’est une question de foi et d’intimité, il disait « je n’aime pas les dogmes, les rites et je n’aime pas la transformation d’un choix libre en radicalisme, je ne le supporte pas », pour lui, il n’y a que la laïcité qui peut sauver la religion. Et tout le problème du radicalisme, c’est le pari pascalien-islamiste : si je crois, si c’est vrai, je gagne mais si c’est faux, je ne perds rien. Mais l’islamiste dit : si je crois et vous devez croire avec moi, si c’est vrai, nous gagnons, si c’est faux, nous perdons tous.

Il est très acerbe envers l’école Algérienne, les chaines de télévision et de finir «  le pouvoir Algérien a tout libéralisé sauf la culture ».

Amroun Omar

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Mohand Belkacem invité du café littéraire de Bouzeguene

S’il y a l’ordre national du mérite ou un prix œcuménique à décerner pour mérites distinguées rendu à son pays, son humanisme et son rattachement à sa langue et à sa culture, ce prix ne serait guère décerné à un religieux, ni à un homme de lettres ou à un politicien mais bien à Mohand Belkacem, ingénieur systèmes informatique ESI et consultant technico-fonctionnel, il serait l’heureux récipiendaire.

Lors de sa conférence pédagogique, très académique, bénéfique pour la langue et la culture Kabyle, donnée lors du café littéraire de Bouzeguene. Dans son long exposé, il a démontré que d’abord la langue Kabyle est une langue de technologie, vivante et rivalise avec les autres langues (anglais, français, mandarin…). Malgré que notre langue souffre du mépris du pouvoir Algérien, ses moyens limités et son ostracisme, le Kabyle est une langue de technologie et d’avenir.
Son énormissime et titanesque travail qui consiste à mettre et à traduire tous les logiciels et les moteurs de recherche ainsi s’occuper quotidiennement de leur mise à jour. Firefox est un navigateur Web de Mozilla. Ce dernier a accepté de le traduire en Kabyle. Il a choisi et ciblé Mozilla car il est le leader mondial de standardisation des technologies du Web. « On ne cible pas aléatoirement, nous pourrons aller vers d’autres technologies et conquérir d’autres systèmes d’exploitations également » lâche t-il. La tâche est immense. Ce qui a valu du respect du monde entier pour la langue Kabyle.

Mohand Belkacem travaille sans relâche pour que le Kabyle soit omniprésent et intégrera à fond les nouvelles technologies « il s’agit de contenu Web purement technique et ne parle que les langues technique et le tout est en Kabyle » disait-il. C’est-à-dire qu’on peut enseigner à l’université le développement Web en Kabyle car la langue est mûre. Pour lui, le choix de la transcription ne pose même pas : c’est inéluctablement le caractère latin qui sera utilisé et c’est un choix judicieux, « le temps est précieux, nos ainés (de Boulifa à Mammeri) ont toujours écrit en caractère latin, qui est un gage d’avenir pour l’évolution et pour aussi concurrencer d’autres langues.

Selon Mohand Belkacem dans le rapport de la santé de la langue (Health report), il y’a 70 langues utilisées dans Mozilla, dans la dernière mesure, Taqbaylit est arrivé à 97,98%. La langue Kabyle frotte et rivalise avec le français, l’italien, l’espagnol ( les langues latines) et nous dépassons largement le catalan, le basque et l’écossais. L’arabe fait défaut et absente de ces outils.

La mondialisation oblige une bonne relation avec la langue anglaise, et sert souvent à faciliter une interaction entre interlocuteurs d’autres langues. Pour lui, le combat des langues dans les nouvelles technologies est un acte salvateur et surtout sa croissance dans le domaine technique et du savoir rend la langue plus pertinente, vivante « Le kabyle a sa place dans le combat des langues : l’émergence de la langue Kabyle dans l’utilisation de Firefox (Mozilla et MDN…) en est un bon exemple. Mais hélas, par manque de financement et de prise en charge sérieuse et effective du pouvoir Algérien, autrement la langue Kabyle pourrait aisément et capable d’intégrer les outils techniques, introduire et travailler en Kabyle dans tous les secteurs(mairies, écoles, entreprises…).
« Nous avons privilégié les emprunts anglicismes car tout se fait en anglais et une langue qui n’emprunte pas de lexique technique est considéré comme morte » résume t-il. Il a évoqué les contraintes qu’il rencontre, d’autres défis à relever, d’abord les emprunts, les néologismes puis rassembler tous les ouvrages (numérique et papiers), il a aussi parlé d’autres contraintes à savoir profusion de dictionnaire multiples de faibles couvertures lexicales, problème de collaboration entre chercheurs et linguistes « Je passe plus de temps à chercher l’origine des mots et des termes que sur le plan technique » se désole t-il.
Pari réussi pour un informaticien altruiste, ambitieux et passionné : cibler les futures générations car ils vont principalement se connecter à Firefox Kabyle, le Kabylisme gagnera et ancrera davantage la société Kabyle et ainsi freiner l’assimilation. Nous saluons le génie d’un homme qui a servi et rendu service à sa langue et à sa culture.

Amroun Omar

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Hanane Bourai à Bouzeguene

Hanane Bourai est venu présenté son dernier livre : Aussi loin ira-tu édité chez Apic. Mais elle écrit sous un pseudonyme « Junon Lys », férue de la mythologie grecque et romaine.  Junon est une déesse romaine, elle est la protectrice des couples et de la fécondité, suivie de son symbole floral, le lys.

 Un écrivain qui porte un sobriquet est généralement menacé, persécuté dans son pays, elle doit retrouver son vrai nom pour associer sa plume, ses œuvres aux grandes figures féminines de la littérature algérienne. Elle ose écrire, c’est un grand pas libérateur, mais aussi un acte de courage afin d’affronter le monde machiste et des religieux bornés. Elle est jeune, enseignante, l’écriture est, pour elle, une manière d’affronter, de crier haut et fort, ce que beaucoup de femmes soumises, ou embrigadées par des vieilles vérités, coutumes surannées, textes divins moyenâgeux acceptent de mener le jeu. Elle se cherche, en quête de la vérité(si elle existe), tout comme son personnage qui cherche une mère qu’elle n’a pas trop connu et qu’elle retrouve dans un hôpital, qu’importe morte ou vivante, l’essentiel pour elle c’est la quête de soi même : c’est l’eternel retour c’est aussi la suprême guérison.
C’est comme : là où tu iras, je te retrouverai. Son histoire se passe en Kabylie, la dichotomie spatio-temporelle se retrouve dans l’œuvre vivante de Hanane Bourai. Elle s’identifie dans des bourrasques d’événements auxquelles nos aïeux partis en France pour travailler et pour une vie meilleure mais vite confronter à l’idée du retour,  de la terre, le sang qui coule dans leurs veines les rapprochent mieux de leur source, de leur pays et refusent le fatalisme. Malgré les vicissitudes de la vie quotidienne, les tracas, tous les personnages nouent un lien viscéral, très fort avec le pays d’origine.
Ascension fulgurante pour une jeune auteure, qui est à son deuxième roman, une relève assurée malgré la déchéance de l’école Algérienne dont elle est issue et appartient inexorablement à une génération d’auteurs qui brise les carcans de l’écriture et une icône de la littérature Algérienne. Un nom à retenir.
Amroun Omar 
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Mohammedi Anissa invité du café littéraire de Bouzeguene

Le café littéraire de Bouzeguene a organisé une rencontre littéraire avec Mme Anissa Mohammedi, poétesse et écrivaine. Elle écrit dans les deux langues (Français et Tamaziɣt). Elle a déjà participé à de nombreux festivals internationaux de littérature et de poésie, elle est aussi récipiendaire de plusieurs prix pour sa poésie douce et libre. Elle nous a présenté son dernier livre : qui est le roi de la foret ? conte-fable écrit en deux langues (Tamaziɣt et Français). Pour elle la littérature est un cheminement à travers son existence, son imagination et à travers l’humanité. Certes le conte permet à l’enfant d’imaginer. Souvent, le conte et les fables sont classés dans la littérature jeunesse. Ce conte n’est pas seulement destiné aux jeunes enfants mais aux adultes aussi. Le conte est une légende parfois réelle. C’est de donner cette part de créativité dans l’imaginaire, de sortir du réel. « C’est aussi pour dépasser le cliché de la réalité : pour ouvrir sur la liberté de création et d’imagination ». Si la fable est parole, récit et conte, si elle peut être fabuleuse et fascinante, elle est aussi adaptée à l’enfance et devient de facto, pédagogique. Peut être parce qu’elle prend naissance, selon la tradition, dans les tout premiers temps de l’histoire humaine, à l’origine de l’humanité.

Depuis toujours les contes et les fables s’inscrivent dans l’oralité,  sens, individuel et collectif, écritures et lectures : les fables et les contes concentrent, sous les récits, mille et une voix, à saisir pour entendre (jamais) tout ce qu’ils nous disent. Et la langue est une arme et qu’on peut défendre. La littérature nous permet d’avoir cette langue comme outil d’exister dans la société. Son titre : Qui est le roi de la foret ? Pose la question sur le leadership et sur le pouvoir.

Le pouvoir : le rapport de la force de l’intelligence, de la liberté contre cette puissance du pouvoir. Ce conte est une métaphore sur la pérennisation du pouvoir qui mène vers  le pouvoir absolu, la  tyrannie. C’est un exemple bien concret de tyran sanguinaire et mégalomane qui ont régné pendant des décennies sans partage et en un laps de temps tous leurs pouvoirs se sont écroulés comme des châteaux de paille ( de Saddam Hussein, Assad, Kheddafi…) mais d’autres s’accrochent toujours espérant mourir sur le trône et seront vite oubliés et honnis par leur peuple. « Le mythe est un mensonge qui conduit à la vérité »

Place à la poésie,

Ensevelis dans leur histoire

Ils reviennent réhabiliter leur âme

Il faut dire la prière des mots

Même aux oubliés du temps

Le geste pieux rend à la terre

Ce que la terre n’a pu donner à la chair

Pour elle, le domaine qui nous permet plus de liberté c’est la littérature ou la poésie. Personne ne peut commander notre imaginaire et nos mots. Dans leurs engagements à travers la parole poétique, il y’a aussi l’implication de l’émotion. Maïakovski est plus écouté en Russie que Lenine, le faiseur de mot peut facilement remplir la salle ce que le politique n’a pas pu faire. Dans toutes les insurrections, les premiers à  payer fort le prix : c’est le poète.

Benjamin Moloise a été pendu par le régime d’apartheid en 1985 , Nazim Hikmet, grand poète est mort dans les cachots turcs, emprisonné par le régime dictatorial pour ses prises de position hostiles au pouvoir et aussi pour ses écrits. Pablo Neruda et Victor Jara, deux poètes chiliens assassinés par le régime tyrannique de Pinochet en  1973.

Que dieu préserve notre roi des éternels agitateurs, des fous, des philosophes et des poètes… disait Kateb Yacine dans « le roi de l’ouest ».

Amroun Omar

 

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Karim Akouche invité du café littéraire de Bouzeguene

Allah au pays des enfants perdus

Au début du livre, Karim Akouche décrit le village Ath wadhou sans s’atteler dans de longues descriptions  contraire au Roman l’invention du désert de Tahar Djaout où il s’adonne aux descriptions des villes et villages, bourgades avec acuité.  Une chose lui échappe, puisque l’Algérie est décrit comme un enfer, une terre invivable, il a omis de parler de la frustration sexuelle surtout dans la rivière où les jeunes du village campent et logent pour se masturber, mais bien repris par Rachid Mimouni dans le fleuve détourné. Le style de Karim Akouche diffère des autres écrivains algériens.

Puis il déploie tout son talent d’écrivain avec une narration et des descriptions minutieuses et brèves. Certes l’art de la brièveté est très usité dans la narration,  il ne s’étale guère dans les longues descriptions oiseuses et le désenchantement ne peut guère submerger le lecteur, bien au contraire, la douceur et l’envie de continuer l’histoire et ne plus s’arrêter jusqu’à dévorer le roman. Les personnages ; ce sont des petites gens qu’on rencontre souvent dans notre vie trop terne. Nos jeunes kabyles n’ont pas de perspectives, pas d’avenirs, coutumiers des lendemains qui fuient, ne savent pas où aller…

Karim Akouche dresse un tableau peu reluisant des contrées kabyles tout comme zar, un étudiant plein d’ardeur et de projets qui sont à ses yeux irréalisables dans ce pays car nos gouvernants se désintéressent et ne se soucient pas des projets futuristes. Ils consomment beaucoup d’argents comme disait zar «  le savoir est l’ennemi des incultes qui nous gouvernent… ». Ils voulaient aussi créer une association culturelle mais le projet est vite parti à vau l’eau, les autorités ne délivrent pas d’agrément mais Ahwawi a bien résumé : «  l’islam et le football sont de redoutables morphines dont usent nos dirigeant pour prolonger notre léthargie… » Ath Wadhou peine à sortir de sa torpeur, de son coma profond et d’une léthargie indescriptible.

Grace à la détermination, au courage et à l’abnégation des jeunes de Ath Wadhou, ils commencent à métamorphoser le village en restaurant plusieurs sites et en dispensant des cours de soutien, de musique, d’alphabétisation au profit de la masse juvénile mais vint les barbares et anéantissent tout espoir de cette jeunesse déjà marginalisée et mettent en déclin les valeurs de la société en détruisant tout sur leur passage comme un foehn.

Le combat est long et périlleux,  l’espoir fait vivre comme disait Ahwawi « un peuple qui ne se bat pas pour sa dignité est mûr pour l’esclavage…

La vérité sort de la bouche des personnages. Il dresse un long réquisitoire sur les pouvoirs successifs de 1962 à nos jours et la déliquescence d’un pays.

Ce roman est une diatribe sur la machine répressive et l’usurpation du pouvoir et la barbarie islamiste. Ils souffrent des séquelles irréversibles; c’est l’exaspération, ils décident de fuir  de quitter ce pays vers d’autres cieux. Dans les caves ténébreuses et crasseuses d’Alger, des passeurs corrompus et escrocs insipides savent exploiter la vulnérabilité et la naïveté viennent leur proposer une issue, une traversée et expliquent la fuite monnayant contre une somme d’argent.

Chanteur raté, étudiant défaillant, fondamentaliste vicieux, fille insipide et père et fils ringards et pleurnichard ont pris une même barque mais finalement abandonné par les passeurs et ils tournent autour et se retrouvent dans un simulacre de procès.

Allah au pays des enfants perdus aurait été une chanson populaire que Ahwawi aurait chanté dans les fêtes de mariages,  sa consécration et son mérite pour l’art était éphémère tout comme sa vie trop terne dans un village perdu et oublié par tous. C’est une ode à la liberté mais à quel prix ?

Amroun Omar

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Ait Aider Aomar à Bouzeguene

Ce samedi 13 février 2016, Aomar Ait Aider, écrivain et essayiste, universitaire a animé une conférence-débat au centre culturel de Bouzeguene suivi d’une vente dédicace de son livre «  Mammeri a dit ».  

Le rapport de mouloud Mammeri à sa société et à sa culture originelles peut être décrit comme une odyssée, avec un premier mouvement d’éloignement vers des rivages inconnus, et pleins de séductions, suivi d’un long retour, lent et semé d’embuches, vers la terre natale. Cette odyssée, c’est, selon moi, le chemin que doivent parcourir, pour se trouver, ou se retrouver, tous qui sont issus d’une société dominée ou d’une classe ou d’une région dominée des sociétés dominantes. C’est, en cela, selon moi, que l’itinéraire de Mouloud Mammeri est exemplaire. Résume Pierre Bourdieu et il compare son œuvre à une odyssée, à un vaisseau fantôme. Effectivement, pour Aomar Ait Aider, Mouloud Mammeri est un humaniste, un intellectuel incorruptible. Non seulement un homme de culture, un anthropologue, un ethnologue mais aussi  un homme de conviction et de paroles.  Dans ce livre » Mammeri a dit » : c’est un témoignage romancé, de documents d’archives et une interview filmé par Ait Aider en 1984. Il a parlé aussi de ces dernières conférences tenues à Ain EL Hammam, et à Bejaia en 1988. Et son départ à Oujda pour participer à un colloque puis il décède en 1989 et enterré dans son village natale. Aomar Aït Aïder citera précisément la lettre écrite par Mouloud Mammeri à Mohand Azwaw et à la jeunesse kabyle “où il l’interpellait sur son avenir, et qu’il doit s’ouvrir sur l’universalité, et il leur disait « investissez-vous dans la connaissance et le savoir » sans renier vos origines.

Pour clore, Mammeri dira, dans une interview qu’il accorda à Tahar Djaout en 1987 : «  quand je regarde en arrière, je n’ai nul regret, je n’aurai pas voulu vivre autrement… De toute façon, un fantasme n’est jamais que cela. Je ne me dis pas : j’aurai voulu être un citoyen d’Athènes au temps de Périclès, ni un citoyen de Grenade sous les Abencérages, ni un bourgeois de la Vienne des valses. Je suis né dans un canton écarté de haute montagne, d’une vieille race qui, depuis des millénaires n’a pas cessé d’être là, avec les uns, avec les autres…qui, sous le soleil ou la neige, à travers les sables garamantes ou les vieilles cités du Tell, a déroulé sa saga, ses épreuves et ses fastes, qui a contribué dans l’histoire, de diverses façons, à rendre plus humaine la vie des hommes.

Après un débat houleux sur la pensée et l’œuvre de Mammeri, le public l’interpelle aussi sur l’officialisation de langue Tamazight,  Ait Aider répond clairement que la langue arabe n’est même pas la langue officielle de l’Algérie, car les Algériens ne parlent pas cette langue, mais plutôt la langue française qui est langue officielle, l’arabe est un dogme et un moyen de domination.

Amroun Omar

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Amin Zaoui à Bouzeguene

Amin Zaoui, écrivain bilingue de surcroît, intellectuel et libre penseur, invité par le café littéraire de Bouzeguene, est venu pour animer  une conférence : littératures et diversité linguistique en Algérie suivi d’une vente dédicace, accompagné par  Mr Youcef Merahi, écrivain et universitaire. Le pourfendeur de l’intolérance défend sa vision et ses choix stylistique dans l’écriture de ses romans guidé par l’instinct rageur qui sont, pour lui, une manière de libérer des griffes des religieux et participer à l’action  d’affranchissement d’une langue longtemps emprisonnée et sous l’emprise des carcans de la pensée archaïque et suranné.

 

D’abord, il a rendu un vibrant hommage à Cherif Messaoudéne, animateur culturel, parti si vite, décédé en 2010,  habité par la culture et la citoyenneté.

Soulever le problème des langues en Algérie est avant tout  un acte salvateur surtout aborder ce sujet sous toutes ses formes sans reléguer ou ignorer les langues populaires.

Dernièrement, une chaîne de Télé l’invite et le journaliste lui pose la question : Pourquoi la langue arabe a été tant marginalisée ? Amin Zaoui répond avec franchise que la langue qui a tant subi des injustices et la marginalisation est plutôt la langue Amazighe. Pour lui, on a tout donné à la langue arabe mais ils ont donné de la négligence à Tamazight. Si en 1962, toutes les langues étaient enseignées, respectées et donner sa place à Tamazight à coté de langue arabe,  un statut plus précis à la langue française, on aurait pu ne par arriver à cette impasse identitaire, culturelle… on est tombé dans le misérabilisme, dans le fanatisme, le mensonge et dans la pensée unique, et du fait que la diversité linguistique   en Algérie fait la richesse de son peuple mais les politiques ont voulu autrement pour des raisons historiques.

L’Algérie a été toujours une terre de multiculturalisme, de diversité linguistique et de vivre ensemble.

« L’âne d’or »Apulée de Madaure et « la cité de dieu » Saint  Augustin, figures emblématiques de la littérature universelle  sont Amazigh et Algériens et deux œuvres essentielles de la littérature  au sens large  et considérés comme des chefs d’œuvres de la littérature mondiale.

Mais il ya aussi l’oralité qui a joué un rôle prépondérant dans l’histoire de notre pays mais malheureusement, cette littérature populaire est marginalisée, occultée pendant des années et il fallait attendre les années 1980 pour que cette littérature prenne place à l’université. Et tous les arts sont faits à partir du dialectal. Tout le riche patrimoine théâtral est fait (écrit et joué) en dialectal idem pour le cinéma algérien, la chanson, la poésie…

La politique et l’idéologie ont tué la diversité

La langue arabe ne peut aller si loin, si elle ne bénéficie de toute la richesse du dialectal, reste une langué très isolée donc elle est condamné à mourir ou restera une langue des mosquées et servira aux prêches du vendredi disait-il sans ambages et sans gênes. Il poursuit que la langue arabe est condamné aussi à prendre le chemin du religieux et quitter la société, l’histoire et la pensée universelle. Il a donnée un exemple concret et a fait une comparaison entre l’hébreu et l’arabe. L’hébreu était une langue morte, tenu par les cercles religieux très fermées et s’est libérée pour devenir et aller vers la société, la science, la philosophie et l’universel. Aujourd’hui la langue arabe est condamné à mourir car ils ne prennent pas en considération tout le génie du dialectal. Dés 1962, nos dirigeants s’entêtent de voir la réalité en face, avaient une allergie politique et idéologique envers la langue française mais elle est aussi d’une grande richesse pour nous(la société, les intellectuels, la pensée). La langue française continue à vivre malgré les aléas, les simplifications, pour lui, on ne peut pas fermer la porte à l’histoire avant d’ajouter que cette langue avance très vite. Beaucoup de romanciers algériens écrivent merveilleusement bien en français. Les algériens ont compris que le français est une langue d’hospitalité  et beaucoup de sonorités et de musicalités enrichissent cette langue et viennent du dialectal Algérien. Il y’a une richesse énormissime de la production littéraire de langue française : un lectorat jeune s’est constitué et il y’a aussi relève d’écrivains merveilleux et qui ont crée l’événement littéraire universel.

Avant, aborder la littérature Amazigh sans tomber dans le cliché et la folklorisation est très usité, maintenant la littérature Amazigh avance d’un pas gigantesque et est devenu une « littérature citadine », de société, contemporaine. De grands écrivains ( E. Hemingway, Khali Djebrane, Shakespeare) ont été traduit en Tamazight. On assiste à une vraie avancée loin de la folklorisation et de l’idéologisation.

Il est temps que notre pays profite de cette diversité linguistique et de ne pas  se montrer réfractaire comme avant et de ne pas obéir à une idéologie qui s’est imposé à force du temps alors que  cette idéologie nous a ruiné et nous a mené vers la déchéance. Le français, l’arabe dialectale et le Tamazight restent des langues vivantes, des piliers entiers à préserver pour que notre pays reste dans la modernité, dans l’universalisme. Qui sème le vent, récolte la tempête.

Amroun Omar

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Habiba Djahnine à Bouzeguene

Habiba Djahnine est l’invitée du café littéraire de Bouzeguene qui s’est déroulé le 14/11/2015 au centre culturel de Bouzeguene.

L’alphabet de la peur

Je déchiffre la langue de la résistance

La seule langue présente de l’identité*

Effectivement, notre quotidien est construit avec l’alphabet de la peur. Mais il faut refuser tout ce langage qui nous renferme dans la peur, qui nous tient enchainé et on devient taciturne parfois muet car il ya trop d’interdits, d’illicites. Dans les années 1990, pendant la décennie noire,  un langage s’est construit autour de la peur. Habiba Djahnine sait de quoi elle parle, de quoi elle raconte. Sa poésie nous narre des moments difficiles de la vie, évoque le temps, la guerre et l’amour, le désert,  l’exigu, la reconstruction, la maison bref les fragments de la maison. «  Notre force est de construire notre identité avec nos histoires aussi contradictoires, violentes… ». La guerre a détruit tous les gestes de la vie quotidienne, nos espoirs, notre culture, la peur s’installe partout , détruit les valeurs et rapports humains et le tissu social. On vit dans une société très silencieuse par rapport à sa mémoire. « on a besoin de construire car on est brisé, abimé et on a aussi besoin de se reconstruire »

Profondément influencé par les poèmes de si Mohand, Mohand u yahia, Nazim Hekmet et les poètes mystiques. Pour elle, les nomades ne se font pas la guerre, ils sont sur des territoires qu’ils interrogent intelligemment, la transhumance des animaux, l’immensité du désert, la réconciliation avec le monde. Il y’a une forte recherche en soi. Le désert a toujours existé dans sa tête : errance de l’esprit et errance physique. Le corps est aussi omniprésent dans son recueil car il est la première chose détruite dans la guerre. Notre quotidien est construit avec l’alphabet de la peur. Pendant la guerre civile en Algérie, comment les islamistes s’acharnent sur le corps( le démembrer, le déchiqueter, le rendre poussière…) ? Toute identité du corps, de sa présence, du désir disparaissent. Puis il faut se reconstruire.

Proche des murs de la maison

Tout prés des silences nocturnes

Je retourne à la terre ocre et sablonneuse

Je cultive la langue du présent

Et j’attends le lever du nouveau soleil.

La poésie aide dans son expression à faire surmonter et à supporter tout ce poids et ce fardeau. On est dans une relation entre le visible et l’invisible, la présence et l’absence, toutes ces antinomies de la vie. Les frontières  existent mais nous ramène à l’idée de la prison. La ville est un corps avec toutes ses particularités, ses destructions… mais la maison est une chose très vivante et vivace dans les esprits. Quand on traverse une ville, on pend des fragments. Les kabyles et Algériens passent leurs vies à construire, ils sont très attachés à la construction de leurs maisons, accompagne la construction personnelle. On construit sa personne, en même temps on construit sa maison d’où l’idée du fragment de la maison.

« Je suis très influencé par l’amour de la poésie » c’est indissociable avec le travail de cinéaste. Les gens lui disaient souvent que dans ses poèmes, il y’a des images cinématographiques et dans le cinéma il y’a beaucoup de poésie. Evidement tout est lié. La poésie est un travail de solitaire et c’est aussi une façon d’être par contre le cinéma est un travail de synergie, de réflexion, de recherche.  « j’aime bien passer de ce travail individuel et solitaire à un travail d’équipe, plus collectif pour se confronter aux autres » disait-elle. Elle a un grand attachement à sa terre d’une force presque métaphysique et tellurique. Pour elle «  la poésie n’est pas seulement embellir les mots, c’est aussi les casser, les malmener… »

Loin des murs de la maison

Tout près des bavardages

De nos histoires falsifiées

Se tiennent des vérités

J’ai oublié de les apprendre*

Omar Amroun

* Les fragments de la maison de Habiba Djahnine (Editions Bruno Doucey)

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Aumer U Lamara à Bouzeguene

« La langue arabe classique est une langue morte »

Aumer U lamara est un écrivain qui transcende les frontières du réel et brise les carcans de l’écriture. Il est venu ce samedi 07 novembre 2015 pour animer une conférence sur la littérature de la résistance Amazigh.  Après avoir retracé la genèse de l’écriture et la culture Amazigh de plus de 30 siècles d’histoire. Puis vint l’invasion islamique, l’arrivée abrupte des tribus arabes avec une sauvagerie inouïe (leur langue s’est mélangé avec la langue amazigh) devenu aujourd’hui  langues populaires (dialectales). Il disait que la langue classique arabe est une langue morte car c’est une langue imposé, plein d’enjeux politiques et a été toujours un instrument de domination et non un moyen de communication. Il n’est parlé nulle part, aucun peuple ne parle cette langue même en Arabie. Il évoque les pionniers de la littérature Amazigh ( Said Boulifa et Bélaïd Aït Ali). Le premier Roman d’expression Amazigh, Asfel de Rachid Alliche, traduit le passage à une culture de l’écrit et apporte un nouveau souffle à la culture Amazigh, jusque là une littérature orale qui se transmet de bouche à oreille. Il a aussi évoqué un autre roman plein d’ardeur, de militantisme Iḍ d wass ( le jour et la nuit) de Amar Mezdad. Deux œuvres méritoires ancrés dans la jeune littérature Amazigh surtout de combat, plein d’espoir et de rigueur. Aumer U Lamara a écrit 4 livres : un récit de Messaoud U Lamara (raconte sa vie de 1934 à 1965).  Tullianum Taggara n Yugurten, sur la prison ou cachot où le Roi berbère a été emprisonné, mort comme un grand Aguellid , resté à jamais dans la mémoire collective, un mythe qui ne s’efface jamais dans l’histoire et dans le panthéon de l’humanité. Il demeure une allégorie, l’archétype et le symbole de la lutte pour la liberté.

Muḥend Abdelkrim: un essai historique sur l’épopée de Abdelkrim El Khettabi et la formidable mobilisation des rifains contre l’occupation espagnole et française pour libérer le Maroc trahi par Moulay Youcef et arrêté puis il se réfugia au Caire et créa la « libération nationale de l’Afrique du nord ».

Timlilit di 1962 : un officier de l’ALN, rescapé, se trouve dans un immense rassemblement, juste après le cessez-le feu, dans la vallée de Boubhir. Il monte sur un camion et harangue la foule. Sur la photo de la couverture du livre, des hommes et une femme aux sourires, vêtus de treillis militaires pour certains et partagent tous un rêve devenu réalité : l’indépendance de l’Algérie mais beaucoup de mauvaises surprises les attendent à l’avenir.

J’ai décidé d’écrire en ma langue maternelle et je n’éprouve aucune difficulté à exprimer ce que j’ai envie de transmettre. Tamazight est une langue vivante, synthétique et pleine de nuances. J’en apprends tous les jours disait U lamara avec Conviction.

Omar Amroun 

 

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Bélaïd ABANE à Bouzeguene

La révolution dans tous ses états

Belaid Abane a animé une conférence-débat au centre culturel de Bouzeguene le 29/10/2015 à l’invitation de l’association culturelle Tiɛwinin autour de son dernier «Nuages sur la révolution, Abane au cœur de la Tempête » sorti chez Koukou édition en 2015.

Après avoir retracé l’historique et la genèse du mouvement national de 1830 jusqu’à 1954. Les Algériens ont crée des associations et partis politiques pour réclamer leurs droits, des insurrections sont menés mais vite réprimés par le colonialisme français. Puis vint le 1 novembre 1954 ; les Algériens ont compris et persuadés que la lutte armée est le seul moyen de se libérer du joug français. C’est aussi la mise en application de la lutte armée. Abane Ramdane était en prison lors du déclenchement de la révolution. Il sort en 1955, partisan acharné de la lutte armée et de violence révolutionnaire mais pour lui, elle doit être guidée par la raison politique et par la diplomatie. Le principe « du primauté du politique sur le militaire », c’est Abane qui fait avaliser le concept au congrès du 20 août 1956 et l’inscrit dans la plateforme de la Soummam . Lorsqu’ il est arrivé, Abane a voulu mettre de l’ordre dans la révolution, réunit toutes tendances confondus ( communiste, berbériste, ulémas… sauf le MNA. Mais pour le conférencier, cette unité a ramené du flou, de la confusion et c’est pour cela qu’il a intitulé son livre : Nuages sur la révolution ; le congrès de la Soummam a engendré beaucoup de conflits et de règlements de compte. « Les gens du Caire » nous surveillent, un projet de contre congrès planifié et initié par Ben Bella avec l’aide des égyptiens. Il y avait un fort rapprochement entre Ben Bella et Messali hadj mais ce dernier n’en voulait pas ( il a déjà choisi son camp). Abane insistait sur la participation de tous les acteurs de l’époque. Le deuxième titre : Abane au cœur de la tempête. Abane avait une vision très rigide. Il a sacralisé la révolution. Et la tempête a emporté l’espoir, le génie.

La question identitaire.

Dans la charte du congrès de la Soummam, il n y a point de berbérité, ni d’arabité et ni d’islamité. C’est l’Algérianité qui est glorifié. La question identitaire était fragile dans les esprits ( les séquelles douloureuses de 1949 sont toujours vivaces) et puis ils ne peuvent parler de religion au risque de s’aliéner le monde occidentale et d’être taxer de guerre de religion ou de fanatiques… c’est une guerre politique : pour l’indépendance de l’Algérie. D’ailleurs une lettre écrite et signée par 7 chefs historiques ; une condamnation à mort de tous les communistes, berbéristes, messalistes et contre –révolutionnaire… s’ils ne rejoignent pas les rangs du FLN.

Pour lui : Est-ce qu’il fallait privilégier l’Amazighité ou se libérer du colonialisme français ? Tel est la question que tout monde pose et de nos jours encore, on reproche à Abane Ramdane de n’avoir pas défendu la question identitaire. Mais l’orateur : se libérer d’abord du joug colonial puis poser cette question. Même après l’indépendance, la question identitaire a été longtemps occultée et réprimée par les pouvoirs successifs en Algérie.

L’assassinat de Abane Ramdane.

     Belaid Abane a promis de répondre à cette question dans son prochain livre qui sortira en 2017 qui coïncide avec le 60ème anniversaire de la mort de Abane Ramdane. Pour lui, Krim Belkacem et Abane Ramdane sont diamétralement opposés : deux caractères, deux itinéraires. Recueillir tous les témoignages, faire une recherche très approfondie et rapporter et questionner tous les acteurs de l’époque. Long et périlleux mais pour que la vérité éclate. C’est très difficile d’avoir une objectivité totale quand on écrit sur l’histoire. Et de conclure « je n’ai jamais été dans la glorification excessive »

Ecrire sur Abane c’est d’abord la douleur, sa mort enveloppé de pudeur, de mystère. Avant de poser cette question lancinante : est ce que j’ai la légitimité d’écrire sur l’histoire ou sur Abane Ramdane ?

Omar Amroun

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