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Actualité

Le café littéraire de Bouzeguene exprime son entière solidarité avec le café littéraire d’Aokas et nous dénonçons avec force la répression et les violences policières. Nous avons vécu les mêmes interdictions.

Le café littéraire de Bouzeguene a vécu le même mépris, le ségrégationnisme des autorités Algériennes. 4 conférences ont été interdites par les autorités, des intimidations directes sont menées contre les membres de l’association culturelle Tiɛwinin, les atteintes claires à la liberté d’expression n’est pas sans rappeler les pires pratiques des régimes autoritaires, les autres idées ne sont pas acceptés. Mais grâce à la solidarité, la persévérance des hommes et femmes de Bouzeguene et de Tizi-Ouzou, le café littéraire de Bouzeguene a pu tenir 3 autres conférences sans les autorisations. Le maire de Bouzeguene était de notre coté. Mais le chef de daira de Bouzeguene a toujours refusé les autorisations et a voulu museler la liberté d’expression à Bouzeguene. C’est un véritable acharnement sur les militants associatifs, sur la culture, la littérature et les bonnes volontés. L’interdiction de la parole Transcende et engendre des actions plus poussées à aller de l’avant et renforce notre détermination à ne plus s’arrêter mais à donner encore la parole à tous les artistes, poètes, écrivains, chercheurs…

Nous exprimons notre soutien indéfectible et sans réserve au café littéraire d’Aokas et de continuer à programmer des rencontres littéraires, à défier l’autoritarisme et l’ignorance.

Vivement le café littéraire d’AOKAS

« La libre communication des pensées et des opinions est un droit les plus précieux de l’homme. »
L’association culturelle Tiɛwinin active dans la légalité. En ce mois de Mars, nous avons invité deux grandes figures de la littérature Algérienne Kamel Daoud et Karim Akouche. Il fallait demander des autorisations pour la tenue de ces conférences.

Nous avons déposé une demande d’autorisation pour le centre culturel Ferrat Ramdane de Bouzeguene, la daira nous refuse le centre culturel prétextant que le centre sera en travaux. C’est de la poudre aux yeux, le centre culturel de Bouzeguene est dans un état lamentable, ressemble à une étable. Nous avons fait une autre autorisation pour la maison de jeunes « Chellah Mohand » de Bouzeguene, la daira nous donne un refus catégorique malgré nos appels incessants.

Tous le monde est complice. Ils ne veulent pas de ces conférences qui dérangent mais qui éveillent les consciences. La daira de Bouzeguene nous signifie clairement de « délocaliser » ces conférences vers le Village Wizgan, nous demandons aussi une autorisation auprès du comité de village de Wizgan. Après réunion avec eux, la sentence est tombée : ils refusent que les conférences soient organisées au niveau du centre culturel colonel Mohand Oulhadj de Wizgan.

La daira de Bouzeguene a tout empêché avec ses tentacules et ramifications. Notre région souffre de mal gestion, d’infrastructures inexistantes, chômage galopants, habitats précaires. Bref, tous les ingrédients d’une crise y sont omniprésents. Le silence d’un peuple est plus effrayant que sa colère.

Mohand Tilmatine invité du café littéraire de Bouzeguene

Le Tamazight continue de subir les affres de l’arabisation et à afficher une absence criante dans la politique toponymique de l’Algérie. Dans de nombreux pays, la toponymie fait l’objet de recherches linguistiques et sociologiques poussées. La toponymie étant, au-delà de l’aspect préservation du patrimoine, aussi une question de souveraineté. Elle est la marque indélébile de l’histoire d’un pays et de sa personnalité.
Science du langage par excellence, la toponymie a pour but de fournir des points de repère pour localiser des lieux et les mémoriser. La mémoire ancestrale n’ayant pas trop intéressée le pouvoir en place, la pagaille, la cohue et une véritable anarchie règnent dans les administrations Algériennes en niant les faits, les lieux, l’histoire et la culture millénaire au profit d’un dogme : l’arabo-islamisme. Mohand Tilmatine, docteur en linguistique, langues et littératures romaines, venu à Bouzeguene pour animer une conférence, maitrise bien son sujet, lui qui consacre tous son temps à défendre la toponymie et enfin à retrouver les vrais noms appartenant à nos villages, nos cités et lieux mythiques de l’Afrique du nord.

La toponymie Véhicule une mémoire vive et profondément ancrée dans l’histoire, la toponymie fait indéniablement partie intégrante du patrimoine culturel, historique et identitaire d’une langue, d’une culture. Dans la convention de l’Unesco en 2003, l’Unesco cite la langue mais pas la toponymie. Pourtant les toponymies sont liées à l’action de l’homme et reflètent l’identité de leurs utilisateurs. L’utilisation de l’onomastique afin d’arabiser surtout la Kabylie. Le décret N°81-27 du 07/03/1981 portant établissement d’un lexique national des noms des villes, villages et autres lieux qui fait figure de politique toponymique. Tout doit être transcrit sur la base de la phonétique arabe. L’arabisation abrupte et féroce a fait des ravages en défigurant les noms des villes et villages Algériens. Exemple plus vivant, Imechdallen devenu mechd allah en arabe ou Axxam n Teslit ( la maison de la mariée) devenu Kef Larous. Et les exemples sont très nombreux. Ainsi, et pour légitimer une
politique d’arabisation, in, littéralement « celui /l’endroit » devenu ain (source ) en arabe ou Ath (les ) devenu Beni. C’est très fragile car c’est un caractère immatériel.

Et chaque envahisseur laisse ses traces et empreintes parfois indélébiles en changeant les noms des villes et autres lieux. Les français ont beaucoup « francisé ». A l’indépendance de l’Algérie, le pouvoir Algérien a continué sa politique d’arabisation afin de récupérer la langue arabe ( donc pour eux l’arabisation est une cause nationale) et Tamazight est un facteur de division ethnique et territorial du pays selon la rhétorique absurde des gouvernements Algériens.

Les conséquences et les répercussions au niveau international sont désastreuses. Dans les Groupes répartis et divisés par l’ONU, il ya 4 groupes ( l’Afrique du sud- l’Afrique de l’ouest- l’Afrique de l’est. Subitement et étrangement, l’Algérie fait partie du groupe arabe avec les pays du moyen orient. Étonnement, « l’Afrique a perdu son nord » ironise Mohand Tilmane.

Les Etats (surtout en Afrique du nord) transmettent aux institutions internationales les noms et les transcriptions toponymes Amazigh en se basant sur les règles de transcription de l’arabe dit le système de Beyrouth. Mohand Tilmatine voulait créer un groupe afin de défendre la toponymie ancienne mais il se heurte vite au niet catégorique de l’ONU. Le vice-président du groupe pays arabe dont l’Algérie fait partie est un Algérien, militaire, têtu et anti-Amazigh. Pour Mohand Tilmatine ardent défenseur du patrimoine Amazigh « la toponymie est un élément du patrimoine culturel immatériel à protéger ». Il faut aussi restaurer les toponymes antérieurs, régler la question de la transcription : graphie latine car la langue Tamazight s’écrit en caractère latin. Ils ont voulu tout arabiser, finalement ils n’ont arabisé que les murs.

Amroun Omar

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Mohand Belkacem invité du café littéraire de Bouzeguene

S’il y a l’ordre national du mérite ou un prix œcuménique à décerner pour mérites distinguées rendu à son pays, son humanisme et son rattachement à sa langue et à sa culture, ce prix ne serait guère décerné à un religieux, ni à un homme de lettres ou à un politicien mais bien à Mohand Belkacem, ingénieur systèmes informatique ESI et consultant technico-fonctionnel, il serait l’heureux récipiendaire.

Lors de sa conférence pédagogique, très académique, bénéfique pour la langue et la culture Kabyle, donnée lors du café littéraire de Bouzeguene. Dans son long exposé, il a démontré que d’abord la langue Kabyle est une langue de technologie, vivante et rivalise avec les autres langues (anglais, français, mandarin…). Malgré que notre langue souffre du mépris du pouvoir Algérien, ses moyens limités et son ostracisme, le Kabyle est une langue de technologie et d’avenir.
Son énormissime et titanesque travail qui consiste à mettre et à traduire tous les logiciels et les moteurs de recherche ainsi s’occuper quotidiennement de leur mise à jour. Firefox est un navigateur Web de Mozilla. Ce dernier a accepté de le traduire en Kabyle. Il a choisi et ciblé Mozilla car il est le leader mondial de standardisation des technologies du Web. « On ne cible pas aléatoirement, nous pourrons aller vers d’autres technologies et conquérir d’autres systèmes d’exploitations également » lâche t-il. La tâche est immense. Ce qui a valu du respect du monde entier pour la langue Kabyle.

Mohand Belkacem travaille sans relâche pour que le Kabyle soit omniprésent et intégrera à fond les nouvelles technologies « il s’agit de contenu Web purement technique et ne parle que les langues technique et le tout est en Kabyle » disait-il. C’est-à-dire qu’on peut enseigner à l’université le développement Web en Kabyle car la langue est mûre. Pour lui, le choix de la transcription ne pose même pas : c’est inéluctablement le caractère latin qui sera utilisé et c’est un choix judicieux, « le temps est précieux, nos ainés (de Boulifa à Mammeri) ont toujours écrit en caractère latin, qui est un gage d’avenir pour l’évolution et pour aussi concurrencer d’autres langues.

Selon Mohand Belkacem dans le rapport de la santé de la langue (Health report), il y’a 70 langues utilisées dans Mozilla, dans la dernière mesure, Taqbaylit est arrivé à 97,98%. La langue Kabyle frotte et rivalise avec le français, l’italien, l’espagnol ( les langues latines) et nous dépassons largement le catalan, le basque et l’écossais. L’arabe fait défaut et absente de ces outils.

La mondialisation oblige une bonne relation avec la langue anglaise, et sert souvent à faciliter une interaction entre interlocuteurs d’autres langues. Pour lui, le combat des langues dans les nouvelles technologies est un acte salvateur et surtout sa croissance dans le domaine technique et du savoir rend la langue plus pertinente, vivante « Le kabyle a sa place dans le combat des langues : l’émergence de la langue Kabyle dans l’utilisation de Firefox (Mozilla et MDN…) en est un bon exemple. Mais hélas, par manque de financement et de prise en charge sérieuse et effective du pouvoir Algérien, autrement la langue Kabyle pourrait aisément et capable d’intégrer les outils techniques, introduire et travailler en Kabyle dans tous les secteurs(mairies, écoles, entreprises…).
« Nous avons privilégié les emprunts anglicismes car tout se fait en anglais et une langue qui n’emprunte pas de lexique technique est considéré comme morte » résume t-il. Il a évoqué les contraintes qu’il rencontre, d’autres défis à relever, d’abord les emprunts, les néologismes puis rassembler tous les ouvrages (numérique et papiers), il a aussi parlé d’autres contraintes à savoir profusion de dictionnaire multiples de faibles couvertures lexicales, problème de collaboration entre chercheurs et linguistes « Je passe plus de temps à chercher l’origine des mots et des termes que sur le plan technique » se désole t-il.
Pari réussi pour un informaticien altruiste, ambitieux et passionné : cibler les futures générations car ils vont principalement se connecter à Firefox Kabyle, le Kabylisme gagnera et ancrera davantage la société Kabyle et ainsi freiner l’assimilation. Nous saluons le génie d’un homme qui a servi et rendu service à sa langue et à sa culture.

Amroun Omar

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Mohammedi Anissa invité du café littéraire de Bouzeguene

Le café littéraire de Bouzeguene a organisé une rencontre littéraire avec Mme Anissa Mohammedi, poétesse et écrivaine. Elle écrit dans les deux langues (Français et Tamaziɣt). Elle a déjà participé à de nombreux festivals internationaux de littérature et de poésie, elle est aussi récipiendaire de plusieurs prix pour sa poésie douce et libre. Elle nous a présenté son dernier livre : qui est le roi de la foret ? conte-fable écrit en deux langues (Tamaziɣt et Français). Pour elle la littérature est un cheminement à travers son existence, son imagination et à travers l’humanité. Certes le conte permet à l’enfant d’imaginer. Souvent, le conte et les fables sont classés dans la littérature jeunesse. Ce conte n’est pas seulement destiné aux jeunes enfants mais aux adultes aussi. Le conte est une légende parfois réelle. C’est de donner cette part de créativité dans l’imaginaire, de sortir du réel. « C’est aussi pour dépasser le cliché de la réalité : pour ouvrir sur la liberté de création et d’imagination ». Si la fable est parole, récit et conte, si elle peut être fabuleuse et fascinante, elle est aussi adaptée à l’enfance et devient de facto, pédagogique. Peut être parce qu’elle prend naissance, selon la tradition, dans les tout premiers temps de l’histoire humaine, à l’origine de l’humanité.

Depuis toujours les contes et les fables s’inscrivent dans l’oralité,  sens, individuel et collectif, écritures et lectures : les fables et les contes concentrent, sous les récits, mille et une voix, à saisir pour entendre (jamais) tout ce qu’ils nous disent. Et la langue est une arme et qu’on peut défendre. La littérature nous permet d’avoir cette langue comme outil d’exister dans la société. Son titre : Qui est le roi de la foret ? Pose la question sur le leadership et sur le pouvoir.

Le pouvoir : le rapport de la force de l’intelligence, de la liberté contre cette puissance du pouvoir. Ce conte est une métaphore sur la pérennisation du pouvoir qui mène vers  le pouvoir absolu, la  tyrannie. C’est un exemple bien concret de tyran sanguinaire et mégalomane qui ont régné pendant des décennies sans partage et en un laps de temps tous leurs pouvoirs se sont écroulés comme des châteaux de paille ( de Saddam Hussein, Assad, Kheddafi…) mais d’autres s’accrochent toujours espérant mourir sur le trône et seront vite oubliés et honnis par leur peuple. « Le mythe est un mensonge qui conduit à la vérité »

Place à la poésie,

Ensevelis dans leur histoire

Ils reviennent réhabiliter leur âme

Il faut dire la prière des mots

Même aux oubliés du temps

Le geste pieux rend à la terre

Ce que la terre n’a pu donner à la chair

Pour elle, le domaine qui nous permet plus de liberté c’est la littérature ou la poésie. Personne ne peut commander notre imaginaire et nos mots. Dans leurs engagements à travers la parole poétique, il y’a aussi l’implication de l’émotion. Maïakovski est plus écouté en Russie que Lenine, le faiseur de mot peut facilement remplir la salle ce que le politique n’a pas pu faire. Dans toutes les insurrections, les premiers à  payer fort le prix : c’est le poète.

Benjamin Moloise a été pendu par le régime d’apartheid en 1985 , Nazim Hikmet, grand poète est mort dans les cachots turcs, emprisonné par le régime dictatorial pour ses prises de position hostiles au pouvoir et aussi pour ses écrits. Pablo Neruda et Victor Jara, deux poètes chiliens assassinés par le régime tyrannique de Pinochet en  1973.

Que dieu préserve notre roi des éternels agitateurs, des fous, des philosophes et des poètes… disait Kateb Yacine dans « le roi de l’ouest ».

Amroun Omar

 

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Karim Akouche invité du café littéraire de Bouzeguene

Allah au pays des enfants perdus

Au début du livre, Karim Akouche décrit le village Ath wadhou sans s’atteler dans de longues descriptions  contraire au Roman l’invention du désert de Tahar Djaout où il s’adonne aux descriptions des villes et villages, bourgades avec acuité.  Une chose lui échappe, puisque l’Algérie est décrit comme un enfer, une terre invivable, il a omis de parler de la frustration sexuelle surtout dans la rivière où les jeunes du village campent et logent pour se masturber, mais bien repris par Rachid Mimouni dans le fleuve détourné. Le style de Karim Akouche diffère des autres écrivains algériens.

Puis il déploie tout son talent d’écrivain avec une narration et des descriptions minutieuses et brèves. Certes l’art de la brièveté est très usité dans la narration,  il ne s’étale guère dans les longues descriptions oiseuses et le désenchantement ne peut guère submerger le lecteur, bien au contraire, la douceur et l’envie de continuer l’histoire et ne plus s’arrêter jusqu’à dévorer le roman. Les personnages ; ce sont des petites gens qu’on rencontre souvent dans notre vie trop terne. Nos jeunes kabyles n’ont pas de perspectives, pas d’avenirs, coutumiers des lendemains qui fuient, ne savent pas où aller…

Karim Akouche dresse un tableau peu reluisant des contrées kabyles tout comme zar, un étudiant plein d’ardeur et de projets qui sont à ses yeux irréalisables dans ce pays car nos gouvernants se désintéressent et ne se soucient pas des projets futuristes. Ils consomment beaucoup d’argents comme disait zar «  le savoir est l’ennemi des incultes qui nous gouvernent… ». Ils voulaient aussi créer une association culturelle mais le projet est vite parti à vau l’eau, les autorités ne délivrent pas d’agrément mais Ahwawi a bien résumé : «  l’islam et le football sont de redoutables morphines dont usent nos dirigeant pour prolonger notre léthargie… » Ath Wadhou peine à sortir de sa torpeur, de son coma profond et d’une léthargie indescriptible.

Grace à la détermination, au courage et à l’abnégation des jeunes de Ath Wadhou, ils commencent à métamorphoser le village en restaurant plusieurs sites et en dispensant des cours de soutien, de musique, d’alphabétisation au profit de la masse juvénile mais vint les barbares et anéantissent tout espoir de cette jeunesse déjà marginalisée et mettent en déclin les valeurs de la société en détruisant tout sur leur passage comme un foehn.

Le combat est long et périlleux,  l’espoir fait vivre comme disait Ahwawi « un peuple qui ne se bat pas pour sa dignité est mûr pour l’esclavage…

La vérité sort de la bouche des personnages. Il dresse un long réquisitoire sur les pouvoirs successifs de 1962 à nos jours et la déliquescence d’un pays.

Ce roman est une diatribe sur la machine répressive et l’usurpation du pouvoir et la barbarie islamiste. Ils souffrent des séquelles irréversibles; c’est l’exaspération, ils décident de fuir  de quitter ce pays vers d’autres cieux. Dans les caves ténébreuses et crasseuses d’Alger, des passeurs corrompus et escrocs insipides savent exploiter la vulnérabilité et la naïveté viennent leur proposer une issue, une traversée et expliquent la fuite monnayant contre une somme d’argent.

Chanteur raté, étudiant défaillant, fondamentaliste vicieux, fille insipide et père et fils ringards et pleurnichard ont pris une même barque mais finalement abandonné par les passeurs et ils tournent autour et se retrouvent dans un simulacre de procès.

Allah au pays des enfants perdus aurait été une chanson populaire que Ahwawi aurait chanté dans les fêtes de mariages,  sa consécration et son mérite pour l’art était éphémère tout comme sa vie trop terne dans un village perdu et oublié par tous. C’est une ode à la liberté mais à quel prix ?

Amroun Omar

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Ait Aider Aomar à Bouzeguene

Ce samedi 13 février 2016, Aomar Ait Aider, écrivain et essayiste, universitaire a animé une conférence-débat au centre culturel de Bouzeguene suivi d’une vente dédicace de son livre «  Mammeri a dit ».  

Le rapport de mouloud Mammeri à sa société et à sa culture originelles peut être décrit comme une odyssée, avec un premier mouvement d’éloignement vers des rivages inconnus, et pleins de séductions, suivi d’un long retour, lent et semé d’embuches, vers la terre natale. Cette odyssée, c’est, selon moi, le chemin que doivent parcourir, pour se trouver, ou se retrouver, tous qui sont issus d’une société dominée ou d’une classe ou d’une région dominée des sociétés dominantes. C’est, en cela, selon moi, que l’itinéraire de Mouloud Mammeri est exemplaire. Résume Pierre Bourdieu et il compare son œuvre à une odyssée, à un vaisseau fantôme. Effectivement, pour Aomar Ait Aider, Mouloud Mammeri est un humaniste, un intellectuel incorruptible. Non seulement un homme de culture, un anthropologue, un ethnologue mais aussi  un homme de conviction et de paroles.  Dans ce livre » Mammeri a dit » : c’est un témoignage romancé, de documents d’archives et une interview filmé par Ait Aider en 1984. Il a parlé aussi de ces dernières conférences tenues à Ain EL Hammam, et à Bejaia en 1988. Et son départ à Oujda pour participer à un colloque puis il décède en 1989 et enterré dans son village natale. Aomar Aït Aïder citera précisément la lettre écrite par Mouloud Mammeri à Mohand Azwaw et à la jeunesse kabyle “où il l’interpellait sur son avenir, et qu’il doit s’ouvrir sur l’universalité, et il leur disait « investissez-vous dans la connaissance et le savoir » sans renier vos origines.

Pour clore, Mammeri dira, dans une interview qu’il accorda à Tahar Djaout en 1987 : «  quand je regarde en arrière, je n’ai nul regret, je n’aurai pas voulu vivre autrement… De toute façon, un fantasme n’est jamais que cela. Je ne me dis pas : j’aurai voulu être un citoyen d’Athènes au temps de Périclès, ni un citoyen de Grenade sous les Abencérages, ni un bourgeois de la Vienne des valses. Je suis né dans un canton écarté de haute montagne, d’une vieille race qui, depuis des millénaires n’a pas cessé d’être là, avec les uns, avec les autres…qui, sous le soleil ou la neige, à travers les sables garamantes ou les vieilles cités du Tell, a déroulé sa saga, ses épreuves et ses fastes, qui a contribué dans l’histoire, de diverses façons, à rendre plus humaine la vie des hommes.

Après un débat houleux sur la pensée et l’œuvre de Mammeri, le public l’interpelle aussi sur l’officialisation de langue Tamazight,  Ait Aider répond clairement que la langue arabe n’est même pas la langue officielle de l’Algérie, car les Algériens ne parlent pas cette langue, mais plutôt la langue française qui est langue officielle, l’arabe est un dogme et un moyen de domination.

Amroun Omar

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Café littéraire de Bouzeguene

Les autorités concernées nous ont trahi !

Presque chaque samedi, le café littéraire de Bouzeguene organise des rencontres littéraires au centre culturel de Bouzeguene, nous procédons au rituel de l’autorisation de la salle. D’abord le président de l’APC puis le chef de daira et le DRAG de Tizi-ouzou. Cette fois-ci l’autorisation pour le déroulement de la conférence de M. Racid At Ali Uqasi a été accordé puis le lendemain, volte-face de la daira. La conférence a été annulée pour aucun motif. Mais on ne peut pas cacher le soleil sous un tamis. Finalement ces conférences dérangent beaucoup de monde. La question lancinante qui se pose ; pourquoi autoriser une conférence puis se rétracter et l’annuler carrément sans raisons aucune ?

Le pouvoir Algérien a peur de la culture, un grand pas en arrière. La vérité, la culture sonnent le glas d’un pouvoir fébrile. Le cheminement est souvent le même : la censure, l’arbitraire, le déni de la culture, le négationnisme identitaire… Muḥend U Yaḥya disait : « peut on faire une révolution avec une pièce de théâtre ? » Si on cherche la raison, le thème de la conférence dérange : quel avenir pour la Kabylie et quel apport de sa diaspora d’Amérique du nord ? Racid At Ali Uqasi est un homme libre, ses idées débordantes d’énergies et foisonnantes d’espoir sur la Kabylie.

Enfin ils veulent réduire les espaces, limiter le champ culturel, faire taire les voix discordantes… Il faut que cesse toutes ces pratiques staliniennes, nous sommes une association culturel qui a pour objectif la promotion de la culture en général et libre aussi d’organiser des rencontres avec différents écrivains, penseurs, hommes de culture avec un franc-parler et un thème intéressant, éducatif…

L’association culturelle Tiɛwinin a le regret de vous informer que la conférence prévue le 19 décembre 2015 au centre culturel Ferrat RAMDANE de bouzeguene avec Le Dr Racid At Ali Uqasi, ayant pour thème ( Quel avenir pour la kabylie et quel apport de sa diaspora D’Amérique du nord ? ) Est annulée.

Motif : Défaut d’autorisation.

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Habiba Djahnine à Bouzeguene

Habiba Djahnine est l’invitée du café littéraire de Bouzeguene qui s’est déroulé le 14/11/2015 au centre culturel de Bouzeguene.

L’alphabet de la peur

Je déchiffre la langue de la résistance

La seule langue présente de l’identité*

Effectivement, notre quotidien est construit avec l’alphabet de la peur. Mais il faut refuser tout ce langage qui nous renferme dans la peur, qui nous tient enchainé et on devient taciturne parfois muet car il ya trop d’interdits, d’illicites. Dans les années 1990, pendant la décennie noire,  un langage s’est construit autour de la peur. Habiba Djahnine sait de quoi elle parle, de quoi elle raconte. Sa poésie nous narre des moments difficiles de la vie, évoque le temps, la guerre et l’amour, le désert,  l’exigu, la reconstruction, la maison bref les fragments de la maison. «  Notre force est de construire notre identité avec nos histoires aussi contradictoires, violentes… ». La guerre a détruit tous les gestes de la vie quotidienne, nos espoirs, notre culture, la peur s’installe partout , détruit les valeurs et rapports humains et le tissu social. On vit dans une société très silencieuse par rapport à sa mémoire. « on a besoin de construire car on est brisé, abimé et on a aussi besoin de se reconstruire »

Profondément influencé par les poèmes de si Mohand, Mohand u yahia, Nazim Hekmet et les poètes mystiques. Pour elle, les nomades ne se font pas la guerre, ils sont sur des territoires qu’ils interrogent intelligemment, la transhumance des animaux, l’immensité du désert, la réconciliation avec le monde. Il y’a une forte recherche en soi. Le désert a toujours existé dans sa tête : errance de l’esprit et errance physique. Le corps est aussi omniprésent dans son recueil car il est la première chose détruite dans la guerre. Notre quotidien est construit avec l’alphabet de la peur. Pendant la guerre civile en Algérie, comment les islamistes s’acharnent sur le corps( le démembrer, le déchiqueter, le rendre poussière…) ? Toute identité du corps, de sa présence, du désir disparaissent. Puis il faut se reconstruire.

Proche des murs de la maison

Tout prés des silences nocturnes

Je retourne à la terre ocre et sablonneuse

Je cultive la langue du présent

Et j’attends le lever du nouveau soleil.

La poésie aide dans son expression à faire surmonter et à supporter tout ce poids et ce fardeau. On est dans une relation entre le visible et l’invisible, la présence et l’absence, toutes ces antinomies de la vie. Les frontières  existent mais nous ramène à l’idée de la prison. La ville est un corps avec toutes ses particularités, ses destructions… mais la maison est une chose très vivante et vivace dans les esprits. Quand on traverse une ville, on pend des fragments. Les kabyles et Algériens passent leurs vies à construire, ils sont très attachés à la construction de leurs maisons, accompagne la construction personnelle. On construit sa personne, en même temps on construit sa maison d’où l’idée du fragment de la maison.

« Je suis très influencé par l’amour de la poésie » c’est indissociable avec le travail de cinéaste. Les gens lui disaient souvent que dans ses poèmes, il y’a des images cinématographiques et dans le cinéma il y’a beaucoup de poésie. Evidement tout est lié. La poésie est un travail de solitaire et c’est aussi une façon d’être par contre le cinéma est un travail de synergie, de réflexion, de recherche.  « j’aime bien passer de ce travail individuel et solitaire à un travail d’équipe, plus collectif pour se confronter aux autres » disait-elle. Elle a un grand attachement à sa terre d’une force presque métaphysique et tellurique. Pour elle «  la poésie n’est pas seulement embellir les mots, c’est aussi les casser, les malmener… »

Loin des murs de la maison

Tout près des bavardages

De nos histoires falsifiées

Se tiennent des vérités

J’ai oublié de les apprendre*

Omar Amroun

* Les fragments de la maison de Habiba Djahnine (Editions Bruno Doucey)

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