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Mokrane Taguemout invité du café littéraire de Bouzeguene

Mokrane Taguemout est venu à Bouzeguene pour animer une conférence ce samedi 25 février 2017 sur la méthode d’adaptation de l‘atelier théâtrale de Mohia.

Mohand U Yahia est un immense homme de théâtre, traducteur, écrivain, poète, philosophe… un homme qui a consacré toute sa vie au service de sa culture et de son peuple. Parti en France, en 1972, pour d’abord continuer ses études mais aussi par un exil forcé car beaucoup de facteurs néfastes viennent troubler sa vie, entre autres les affres de l’arabisation abrupte et forcée, l’islamisme et les valeurs démocratiques qui sont bafouées par le parti unique (FLN). La vie n’est pas rose en France , vivait parfois dans des conditions sommaires. Muhend U Yahia a exercé tous les boulots ( épicier, restaurateur, veilleur de nuits, manufacturier ….

Une passion l’habite ; traduire ou adapter en Kabyle, tous les grands philosophes et les œuvres lyriques et monumentales afin que notre culture et notre langue frottent avec les autres cultures du monde. Muhend U Yahia est un monument de la culture Amazigh, son riche et incommensurable œuvre théâtrale s’inscrit dans l’immensité et la continuité de notre culture millénaire.

Cette peine le transformera profondément et marquera son œuvre d’une empreinte durable. Tout comme ses personnages désinvoltes, parfois aguerris atterrissent dans un univers hostile sans alternative, un univers mystérieux et sulfureux, succinct et vivent des situations éphémères mais qui appellent d’en sortir. Muhend U yahia disait que je ne suis venu pour faire la révolution. Mais son théâtre a révolutionné les mentalités Kabyles, exorciser tout l’espoir d’un peuple, sorte d’exutoire.

Il a combattu avec des mots toutes les dérives totalitaires, l’intégrisme islamiste et les extrémistes linguistiques et la manipulation de ces faux culturalistes activistes et antagonistes de l’identité Amazigh. Dans son théâtre, Nadi El Moudjahed, le trésor du FLN, les Kabichous, les frères musulmans, les Bro-Bros reviennent tel un leitmotiv, deviennent une plaie béante, pour prédire le mal, le retard intellectuel, social et culturel, il disait : « on peut s’abrutir de deux manières soit par l’arabo-islamisme ou par l’alcool ».
Derrière le masque du rire, de la dérision, du burlesque, Muhend U Yahia est un pourfendeur des lois scélérates, des religions aux visages barbares et monstrueux car notre identité est frappée d’anathèmes. Muhend U Yahia est parfois agnostique, un athée démesuré, un areligieux récurrent et un iconoclaste qui à force de l’écouter, de revisiter ses dires, ses poèmes avec une nuance condescendance.

Il reste et demeure l’une des figures emblématiques de la dramaturgie Kabyle. Esthète, homme de convictions et de principes jusqu’au dernier souffle, son nom est inscrit en lettre d’or dans le panthéon de la culture Amazigh et nous a légué et laissé une œuvre riche, inestimable, ses idées, son théâtre sera un jour enseigné dans les écoles Algériennes.

Amroun Omar

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